Ski alpin : l'opportunité d'une vie pour Alexis Pinturault

Le skieur de Courchevel Alexis Pinturault pourrait devenir le premier Français depuis 20 ans à remporter le gros globe de cristal. / © JAVIER SORIANO / AFP
Le skieur de Courchevel Alexis Pinturault pourrait devenir le premier Français depuis 20 ans à remporter le gros globe de cristal. / © JAVIER SORIANO / AFP

Alexis Pinturault voit l'horizon s'éclaircir cette saison après la retraite de l'intouchable Marcel Hirscher. En ligne de mire pour le skieur de Courchevel : le gros globe de cristal, pas remporté par un Français depuis Luc Alphand en 1997.

Par MD avec AFP

Meilleur skieur français depuis de longues années, Alexis Pinturault voit s'ouvrir les portes vers le gros globe de cristal. A partir de dimanche 27 octobre à Sölden (Autriche), il va entrer dans la course pour tenter de décrocher le Graal de son sport qu'aucun Français n'a remporté depuis plus de 20 ans. Entre son arrivée à pleine maturité et surtout la retraite de l'intouchable Marcel Hirscher, l'horizon semble s'éclaircir.

L'imbattable Autrichien a dominé la compétition de ski alpin huit saisons durant, laissant ses rivaux Beat Feuz, Aksel Lund Svindal, Kjetil Jansrud, Henrik Kristoffersen et Alexis Pinturault sur la touche. En prenant sa retraite cet été à 30 ans, las, Hirscher a surpris et remet en jeu son titre de meilleur skieur du monde. Le suspense est relancé d'un seul coup et un boulevard s'offre aux ambitieux, notamment à Alexis Pinturault, 2e du classement général l'hiver dernier.

"Oui sans Hirscher ça laisse plus de chances aux autres, mais il y a beaucoup de concurrents pour le gros globe, tempère le Français. La compétition sera toujours aussi intéressante. Pour moi c'est un objectif réaliste (le gros globe) puisque j'ai déjà été 2e (2019) et 3e (de 2014 à 2016), mais il me faudra être très régulier et polyvalent", avait-il déclaré, remerciant "le meilleur skieur de l'histoire" de l'avoir aidé à devenir "un bien meilleur athlète".
 

Le skieur de Courchevel (Savoie) devra se méfier notamment du Norvégien Henrik Kristoffersen, deux fois 2e du général et lui aussi spécialiste du slalom et du géant, comme Hirscher, mais également de l'Italien Dominik Paris, as de la vitesse qui reste sur un hiver probant (3e du général, globe de descente et de super-G).

 

L'atout de la polyvalence


A 28 ans, Alexis Pinturault semble taillé pour le gros globe, pas remporté par un Français depuis Luc Alphand en 1997. Débarqué en jeune homme pressé et ultra talentueux en 2010, monstre physique, il s'est imposé avec le temps comme une valeur sûre du circuit.

Assagi et apaisé depuis la claque reçue aux Mondiaux de Saint-Moritz en 2017 (aucune médaille), le skieur de Courchevel s'est forgé un palmarès rare dans le ski français avec 23 victoires en Coupe du monde, trois médailles olympiques, trois médailles mondiales dont un titre en combiné à Are cette année.

"Ce qu'il faut viser, c'est d'aller chercher les victoires les unes après les autres, aller chercher des podiums, être très régulier, assure-t-il. Et les jours où ça va moins bien, il faut être là malgré tout. Donc il faut savoir concrétiser les jours où on est bien et limiter la casse les jours qui sont moins favorables."
 

Dans sa manche, Pinturault possède l'atout de la polyvalence : il semble être le seul skieur à pouvoir viser le podium à la fois en slalom, en géant, en combiné voire en super-G, grâce à des qualités de vitesse rares chez les skieurs "techniciens".

"Les skieurs ont compris que sans Marcel (Hirscher) le globe ne va pas se jouer sur deux disciplines, remarque le directeur de l'équipe de France masculine David Chastan. Alexis, qui a travaillé depuis longtemps en vitesse, va peut-être être récompensé de ce travail."

 

Entraînement sur-mesure


Pour mettre toutes les chances de son côté, Pinturault a également complété cet été, en accord avec la Fédération française de ski (FFS) et ses sponsors, une structure qui lui est entièrement dédiée. Le Savoyard, qui vit en Autriche durant l'hiver, dispose d'un entraîneur et de son matériel payé par la fédération, en plus d'un staff rémunéré par ses sponsors ou par lui-même (un entraîneur adjoint, un préparateur physique, un technicien, un kinésithérapeute et une attachée de presse).
 

Cette structure, largement inspirée de Marcel Hirscher, et également choisie par le Norvégien Henrik Kristoffersen, doit lui offrir un entraînement sur mesure, une meilleure récupération et la flexibilité indispensable à son profil de skieur polyvalent qui jongle entre de nombreuses disciplines. Elle doit surtout lui permettre de saisir cette année l'opportunité de réaliser son rêve.

 

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