Ski alpin : pourquoi Alexis Pinturault est plus que jamais le grand favori de la coupe du monde

Aleksander Aamodt Kilde, hors-piste après une chute à l’entraînement, laisse un boulevard à Alexis Pinturault pour le gros globe de cristal. Le skieur de Courchevel a dorénavant une marge énorme sur ses autres adversaires.

Alexis Pinturault - Photo d'illustration
Alexis Pinturault - Photo d'illustration © JOE KLAMAR / AFP.

Après 19 épreuves courues à ce jour, Alexis Pinturault a déjà une large avance sur la concurrence. Le Savoyard compte 218 points de plus sur Kilde, le Norvégien qui est dorénavant hors-jeu. Autant dire que sa blessure est une "bonne nouvelle" pour le camp français qui perd son plus sérieux concurrent pour cette saison de coupe du monde.

Derrière, les écarts sont encore plus importants. Le Suisse Marco Odermatt, 3e du classement provisoire, cumule 501 points, et l’Autrichien Marco Schwarz 466, un « gap » à remonter… D’autant qu’il ne reste que 18 courses avant la fin de la saison.

 

La course aux points

Un peu d’arithmétique permet de comprendre pourquoi le skieur de Courchevel file droit vers son premier sacre (il avait terminé la saison dernière 2e du classement général, à 54 unités de Kilde).

Chaque victoire en coupe du monde rapporte 100 points, puis un nombre décroissant de points jusqu’à la 30e place. Soit, 80 points pour le deuxième, 60 pour le troisième et ainsi de suite jusqu’au 30e qui gagne 1 point.

Et à ce petit jeu comptable, Alexis est le mieux placé. Il est le plus polyvalent des skieurs du circuit et peut marquer des points dans presque toutes les disciplines. De la descente, au slalom en passant par le géant parallèle qu’il a remporté cette saison.

Son seul rival crédible dans cette course aux points serait à priori, l’Autrichien Marco Schwarz, capable de glaner des points dans plusieurs disciplines lui aussi, même s'il est encore un peu juste et un peu jeune (25 ans) pour tenir jusqu’au terme de la saison, le rythme que Pinturault (29 ans) va imposer.

Autre rival talentueux, Marco Odermatt. Mais l'actuel 3e du classement ne se fait pas d’illusion : « Je ne pense pas au classement général, Alexis Pinturault est trop fort cette année », a-t-il déclaré à l’AFP lors des entraînements de descente de Kitzbühel en Autriche. Malgré son excellent début de saison, le jeune Suisse (23 ans) est encore un peu vert pour prétendre soulever le Globe suprême. On devra compter avec lui dans les années qui viennent, mais cette année, c’est un peu tôt.

 

Un calendrier favorable

La polyvalence, c’est l’atout majeur d’Alexis Pinturault. Excepté, en descente où le podium parait, inaccessible, il peut s’installer dans le haut du classement dans les 18 courses qui restent à courir cette saison, 9 épreuves de vitesse pure (Descentes et Super-G) et 9 épreuves techniques (Géant, Slalom). Autant dire que les occasions d’engranger des points ne manquent pas au skieur de Courchevel qui saura aussi faire parler son expérience.

Chacun le sait, cette année le globe, c’est pour « Pintu », et c’est d’autant plus vrai que Kilde n’est plus dans la course.

Mais il faudra attendre encore quelque temps pour que le savoyard soit assuré d’un écart suffisant pour assurer sa suprématie, au cas où sa saison serait écourtée (accident, blocage psychologique ou baisse de forme).

Il faudra aussi que l’autre Norvégien, Henrik Kristoffersen (26 ans) ne se réveille pas comme il a su le faire lors de précédentes éditions. Actuellement, 7e du classement général, le Viking compte 358 points de retard, ce qui est considérable, alors que la fin de saison approche.

Il reste encore des « si », mais Alexis Pinturault devrait logiquement brandir ce gros globe de cristal qu’il mérite tant. Depuis la retraite de l’immense Autrichien, Marcel Hirscher, chacun sait dans le milieu que Pintu est le meilleur skieur du monde à l’heure actuelle. C’est donc l’année où jamais pour qu’Alexis succède à Luc Alphand, dernier tricolore à avoir remporté le classement général de la Coupe du monde (1997).

L’année aussi pour rafler la mise au Géant des championnats du monde de Cortina (Italie) en février. Et au-delà, avancer sereinement vers un titre olympique à Pékin, l’année prochaine… L’histoire serait belle et elle est loin d’être utopique.

 

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