VIDEO. Savoie : le squelette de 2.300 ans reposait à trois mètres sous terre à Bourg-Saint-Maurice

C'est une incroyable découverte, faite presque par hasard, sur le site du Chatelard à Bourg-Saint-Maurice, alors en plein travaux pour construire une maison : les pelles mécaniques sont tombées nez-à-nez avec des ossements. Des voisins ont donné l'alerte.

Il reposait sous terre jusqu'à ce qu'une pelle mécanique lui "écorne" quelque peu le crâne. L'alerte a été aussitôt donnée
Il reposait sous terre jusqu'à ce qu'une pelle mécanique lui "écorne" quelque peu le crâne. L'alerte a été aussitôt donnée © P.Jérôme Rey

Le chantier battait son plein mais a cessé aussitôt : au fond du site, à près de 3 mètres sur terre, se trouvait... un squelette.

Des voisins ont alors mis en contact le futur proriétaire de la maison dont se préparaient les fondations et l'archéologue Pierre-Jérôme Rey de l'Université Savoie Mont-Blanc. Armé de son équipement, avant que l'on ne coule le béton, le chercheur se précipite et met au jour une sépulture de plus de 32 mètres de large, dans laquelle repose un homme vieux, après première analyse, de 2.300 années.

Pierre-Jérôme Rey  sur le site du chantier, a dirigé l'exhumation
Pierre-Jérôme Rey sur le site du chantier, a dirigé l'exhumation © DR

"Il était allongé sur le dos, un bras croisé sur le nombril ,l'autre le long du corps avec la main sur la hanche" raconte encore ébahi l'archéologue qui a ramené avec un soin infini ses trouvailles au dépôt de fouille départemental de Chambéry.

En le mesurant, il sait approximativement qu'il ou elle était plutôt grand(e), près d'1m80, qu'il était assez âgé(e) et pas en très bonne santé, à en juger par l'état de sa dentition restée presque intacte.

" Son crâne en revanche a pris un coup de pelleteuse et est un peu brisé, les os éparpillés et fragiles ont aussi un peu souffert de l'exhumation" explique Pierre-Jérôme Rey qui reconstitue avec patience, méticuleusement, tous les indices "comme une fistule, une sorte de broche riche d'enseignements". Il a aussi retrouvé des fragments de vêtements, d'objets funéraires, des pierres, des céramiques.

On ne sait pas en revanche s'il s'agit d'un homme ou d'une femme. L'examen du bassin en dévoilera sans doute plus.

Toujours est-il que cette trouvaille tient du miracle : le site ne se trouvait pas dans un zonage archéologique protégé et rien n'obligeait alors les promoteurs à prévenir qui que ce soit avant le début d'un chantier, en amont.

C'est donc à un sauvetage d'urgence, un peu en catastrophe, et sans moyens dédiés que l'archéologue  et un de ses collègues ont procédé.

Reportage : Thibaut Grosse & Frédéric Pasquette

 

 

 

 

 

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