Sécheresse en Auvergne : « Depuis 3 ans, le niveau des nappes phréatiques est préoccupant »

En Auvergne, selon les données recueillies par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), le niveau d’eau des nappes phréatiques est bas depuis 3 ans. Un constat « préoccupant » selon Clotilde Bertin, hydrogéologue.
En Auvergne, le BRGM effectue des mesures sur la quantité d'eau dans les nappes phréatiques, dont le niveau est préoccupant depuis 3 ans.
En Auvergne, le BRGM effectue des mesures sur la quantité d'eau dans les nappes phréatiques, dont le niveau est préoccupant depuis 3 ans. © BRGM

Depuis 3 ans en Auvergne, le niveau des 54 nappes phréatiques analysées par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) est au plus bas : « On a une tendance globale sur les 3 dernières années qui montre que le niveau d’eau des étiages, c’est-à-dire des périodes où l’eau est basse, est de plus en plus bas. Le niveau des nappes phréatiques en Auvergne est préoccupant », constate Clotilde Bertin, hydrogéologue du BRGM. L'évolution de ce niveau fonctionne par cycles : celui-ci baisse pendant la période mai-octobre, et les nappes se rechargent de novembre à avril, « sauf que depuis 3 ans, les nappes n’arrivent pas à se recharger, et le niveau descend un peu plus à chaque fois », explique Clotilde Bertin.

Vous pouvez suivre l'évolution du niveau des nappes phréatiques grâce à la carte ADES.

Des inégalités entre les zones

Ces baisses régulières sont dues au manque de pluie de ces dernières années : « Il n’a pas assez plu. Cette année le niveau est légèrement plus haut qu’à la même période en 2019 mais ça reste bas ou modérément bas », selon l’hydrogéologue. Les nappes les plus impactées sont les plus profondes : celles qui sont à une centaine de mètres de profondeur n’ont pas du tout été rechargées cette année. Cependant, certaines zones échappent à ce manque : « Au niveau des nappes du Sancy et du Mont-Dore, les niveaux sont normaux, elles ont bénéficié des pluies d’ouest, quelques nappes dans le Cantal sont également préservées . En revanche, dans le Massif Central, tout est très bas. Les secteurs les plus exposés à ce manque d’eau sont la Limagne, les Combrailles et certains endroits du Forez », détaille Clotilde Bertin. Le graphique ci-dessous montre l'évolution d'une nappe phréatique située à Saint-Ours (Puy-de-Dôme), où le niveau minimal de la nappe baisse au fil des années.

"Le milieu naturel va en pâtir"

Lors des dernières statistiques réalisées au niveau national, l’Auvergne a été citée comme une région menacée par le manque d’eau, raconte Clotide Bertin : « On est une région particulière de part notre géologie et là, on a des soucis. C’est assez préoccupant, cela fait 3 ans que nous n’avons pas assez de précipitations, il faudrait au moins des pluies soutenues sur une bonne quinzaine de jours pour remonter le niveau, sinon, le milieu naturel va en pâtir. » Malgré ces données, l’hydrogéologue se veut rassurante : « Normalement, on a assez d’eau en Auvergne pour voir venir. Nous avons déjà eu des situations où les niveaux étaient bas, par exemple, certaines nappes du Livradois qui sont de faible profondeur sont à sec fréquemment. Ce qui est inquiétant, c’est que le phénomène semble perdurer. »

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