Trois adolescents condamnés dans l'affaire du jeune handicapé humilié à Fontaine (Isère)

Mardi 10 mars, trois mineurs qui avaient agressé un handicapé mental et posté les images sur Facebook ont été condamnés à des peines de prison avec sursis par le tribunal pour enfants de Grenoble. 

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Les trois adolescents, originaires de Fontaine, étaient âgés de 12 à 16 ans au moment des faits. Un an après la médiatisation de leur vidéo, qui présentait une scène de lynchage d'un handicapé de 18 ans, deux d'entre eux devaient répondre des faits de violences et le troisième était convoqué pour avoir filmé la scène. Comme l'impose la loi, l'audience s'est tenue à huit clos. Selon le Dauphiné Libéré, seulement deux adolescents se sont présentés au tribunal.

Contacté par téléphone, le parquet de Grenoble a expliqué que les trois adolescents ont été reconnus coupables des faits. L'un a été condamné à deux mois d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'une liberté surveillée jusqu'à sa majorité; le second à un mois d'emprisonnement avec également une liberté surveillée jusqu'à sa majorité. Concernant le dernier, le plus jeune des trois, il a été condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis assortis d'une mise à l'épreuve

Récit Isabelle Colbrant


Les trois adolescents, inconnus des services de police jusque-là, étaient poursuivis pour avoir agressé le jeune homme dans le Parc de la Poya, en février 2014. Ils avaient ensuite posté la vidéo sur le réseau social Facebook. Sur ces images, on voyait deux jeunes tenir leur victime par les bras, la bousculer, puis la pousser dans un plan d'eau, lui immergeant les pieds et les mollets.

Ne souffrant que d'un hématome à la joue, la victime s'était vue prescrire trois jours d'interruption temporaire de travail (ITT).

En pleine campagne pour les élections municipales, l'affaire avait connu une forte médiatisation après la diffusion d'un communiqué de Marie-Arlette Carlotti, alors ministre chargée des personnes handicapées, dénonçant une vidéo "terriblement choquante", une "agression barbare" et un "crime".

"Ce jugement ramène cette affaire à de plus justes proportions", s'est félicité mercredi Me Laure Rimlinger, avocat d'un des prévenus. "Je suis satisfait que le tribunal ait statué sur des considérations juridiques (...) et non au regard du retentissement médiatique de l'affaire suscitée par la mise en ligne de la vidéo", a abondé Me Arnaud lévy-Soussan, avocat d'un autre prévenu.

Il y un an, le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, avait lui aussi évoqué un "emballement médiatique (...) sans rapport avec la gravité intrinsèque des faits".