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Détournement de 8 millions d'euros à l'EFS de Bretagne : premier jour de procès

Les avocats de l'EFS, et de Thérèse Mérel / © France 3 Bretagne
Les avocats de l'EFS, et de Thérèse Mérel / © France 3 Bretagne

Le procès devant le tribunal correctionnel de Rennes va durer trois jours. Une ex-comptable de l'EFS, Etablissement français du sang de Rennes, a détourné 8 millions d'euros, durant 14 ans.

Par Krystell Veillard

Elle est arrivée toute de noire vêtue et semble mal à l'aise. Devant la cour,Thérèse Mérel, qui comparaît libre, va à nouveau reconnaître les faits qui lui sont reprochés.
Ce sont les difficultés financières de la petite société de son mari, puis sa passion pour son haras et les chevaux, qui auraient donc conduit cette ex-comptable de l'Établissement français du sang (EFS) de Bretagne à détourner plus de huit millions d'euros en 14 ans, fraude jugée depuis ce mercredi et pour trois jours devant le tribunal correctionnel de Rennes. Soupçonnée en outre de faux en écriture dans la comptabilité de l'EFS, Thérèse Mérel, risque, selon son avocate, Catherine Glon, 10 ans de prison.

Des détournements débutés en 1990 et découverts en 2004

L'EFS demande le remboursement intégral des sommes détournées, ainsi que des dommages et intérêts, le remboursement des rapports d'audit, des frais de saisies ou ceux engendrés par la remise au propre des comptes de l'EFS, soit au total quelque 11 millions d'euros, a indiqué l'avocat de l'EFS, Kiril Bougartchev.

Les détournements ont débuté en 1990 et n'ont été découverts qu'en 2004, une des banques de Mme Mérel s'étonnant du niveau des transactions sur le compte de la petite entreprise du mari de la prévenue. Le banquier avait alors dénoncé "une possible infraction".

Des détournements pour faire fonctionner la société de son mari

Thérèse Mérel a reconnu en début d'audience que les premiers détournements avaient été réalisés "pour faire fonctionner la société" de son mari. "J'avais l'intention de rembourser". Mais les détournements sont devenus "exponentiels". Pourquoi ? , a demandé le président du tribunal. "C'est le haras, les chevaux", répond la prévenue.
Le couple Mérel a utilisé la majeure partie de l'argent détourné pour acheter un haras près de Rennes, dont les 110 chevaux, achetés au-dessus de leur valeur, ont été saisis et revendus. Un haras "au fonctionnement élyséen", selon le président, avec salle de soins et masseurs pour les chevaux. "J'étais prise dans un engrenage", assure Mme Mérel, qui camouflait les détournements dans la comptabilité de l'EFS.

Son mari est poursuivi pour "recel". Le défaut de surveillance des deux supérieurs successifs de Mme Mérel valent aux deux hommes de comparaître pour négligence.

L'affaire avait provoqué l'émoi à l'EFS

Pour Me Bougartchev, elle est la plus grosse affaire de détournements de dons dans le domaine de la santé publique depuis l'affaire de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC). Il s'agit d'un détournement indirect des dons du sang, cédés après traitement par l'EFS à des établissements hospitaliers sous contrepartie financière.
A l'issue de neuf années d'instruction dans ce dossier, les enquêteurs ont réussi à reconstituer la destination de six millions d'euros sur un total de 8,3 ME détournés selon la police, 8,7 ME selon l'expertise réalisée à la demande des parties civiles.

Le tribunal rennais devrait mettre sa décision en délibéré vendredi.

Reportage à Rennes (35) de Séverine Breton et Thierry Bouilly


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Procès comptable EFS

Interviews :
- Kiril Bougartchev, avocat de l'Etablissement Français du sang
- Catherine Glon, avocate de Thérèse Merel

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