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Procès du cargo Junior: des peines de 5 à 25 ans requises

Le cargo Junior, arraisonné en 2008. A l'intérieur, 3 tonnes de cocaïne / © France 3 Bretagne
Le cargo Junior, arraisonné en 2008. A l'intérieur, 3 tonnes de cocaïne / © France 3 Bretagne

Le parquet a requis jeudi à Rennes des peines de 5 à 25 ans de prison lors du procès devant une cour d'assises spéciale d'appel des membres d'équipage du Junior, un cargo  panaméen arraisonné avec plus de 3 tonnes de cocaïne à bord en 2008.

Par Thierry Peigné (avec AFP)

L'avocate générale Brigitte Ernoult-Cabot a réclamé des peines de 15 à 25 ans de réclusion à l'encontre des cadres grecs, sierra-léonais et bissau-guinéen du réseau, ainsi que des peines de 5 ans de prison, possiblement assorties de sursis, pour les cinq matelots sierra-léonais du navire.

En première instance, le 9 février 2012, la cour d'assises spéciale de Rennes (35) avait prononcé sept peines, allant de 10 à 25 ans de prison, à l'encontre des cadres du réseau. Les matelots avaient été acquittés.

Onze accusés, dont cinq comparaissent détenus et deux sont représentés, sont cités devant la cour d'assises spéciale d'Ille-et-Vilaine, composée uniquement de magistrats professionnels, qui devrait rendre sa décision samedi.

Le procès, qui se tient depuis le 10 février devant la cour d'assises d'appel spéciale d'Ille-et-Vilaine, avait été renvoyé en juillet dernier par la cour, qui demandait un supplément d'information, en l'occurrence un CD-Rom présentant les images de l'arraisonnement prises par les autorités maritimes.

L'avocate générale a notamment requis, comme en première instance, 25 ans de prison contre un Grec, Andrea Tsakiris, gérant de société de 58 ans, acquitté en 2012 faute de charges suffisantes, et qui, selon le parquet qui l'a qualifié de "halo d'opacité", est en réalité un autre cerveau du réseau.

Le cargo Junior avait été arraisonné le 7 février 2008 dans le golfe de Guinée par des commandos de la Marine française, qui avaient trouvé à bord un chargement de 107 caisses de 30 kilos de cocaïne. La cargaison, selon l'avocate générale, était d'une valeur de 900 millions d'euros. Les trafiquants avaient pris livraison de la drogue au large du Brésil et devaient apparemment la décharger en Algérie.

Le parquet général avait formulé un appel général qui ne visait cependant pas l'un des cerveaux de l'opération, le Grec Ioannis Zogopoulos, condamné par défaut à 25 ans de réclusion. En fuite après s'être évadé en 2010 d'une prison de Conakry, en Guinée, où il habitait, cet accusé ne s'était pas présenté à son procès et n'a pas été inquiété.

Jugé dans son propre pays, l'armateur grec du navire, Nikolaos Kornilakis, a été pour sa part condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juillet 2009. Dans cette affaire, la France avait été condamnée en juin dernier par la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg pour garde à vue abusive, après avoir tardé à présenter l'équipage du navire à un juge.

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