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L'abstention, grande gagnante de ces élections municipales ?

© THIERRY ZOCCOLAN / AFP
© THIERRY ZOCCOLAN / AFP

L'abstention électorale qui ne cesse de progresser en France sera-t-elle la grande gagnante des municipales 2014 ? Les états-majors politiques et les experts le pensent, même si le maire est l'élu auquel les Français sont le plus attaché. La Bretagne risque de ne pas faire exception.

Par Thierry Peigné (avec AFP)

Une abstention plus élevée qu'aux élections municipales de 2008 ! C'est le "risque majeur" répète Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections. Le député finistèrien PS Jean-Jacques Urvoas pointe une "attention aux programmes et aux candidats faible" sur le terrain, tandis que le président de l'UMP, Jean-François Copé, prévoit un "immense" taux d'abstention à gauche.

Depuis 1988, tous les scrutins, excepté la présidentielle, ont vu l'abstention progresser. En 2008, elle a pulvérisé les records, avec le plus fort taux à des municipales depuis 1959 : 33,46% au premier tour et 34,86% au second tour. Une abstention élevée qui n'avait pas épargné la Bretagne avec un taux légèrement au dessus de la tendance nationale.
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Des facteurs multiples

"Ce que nous mesurons laisse présager d'une abstention plus élevée qu'en 2008, voire potentiellement beaucoup plus élevée", assure Brice Teinturier (Ipsos). Les sondeurs ont pourtant les plus grandes difficultés à prévoir l'abstention, les électeurs ayant tendance à "sur-déclarer" leur intention de voter, selon lui.

"Ce que nous savons bien identifier, c'est la dimension sociologique de l'abstention. Aux municipales, les 18-24 ans votent deux fois moins que les 50-64 ans, les inactifs et les précaires sont les plus abstentionnistes", analyse Jean-Yves Dormagen, coauteur de "La démocratie de l'abstention" (Gallimard).

"Plus la ville est grande, plus l'abstention est importante" complète Dominique Reynié, professeur à Sciences Po. Au premier tour de 2008, ce taux s'est élevé à 37,83% pour les communes de 3.500 habitants et plus, à 39,61% dans celles de 9.000 et plus, à 41,06% pour 30.000 et plus, à 43,11% dans celles d'au moins 100.000 habitants.
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La mauvaise image de la gauche et de la droite risquent d'influer sur l'abstention

Compte tenu de la très faible côte de popularité du couple exécutif Hollande - Ayrault, "la crainte de la démobilisation à gauche, surtout dans les villes où la victoire semble assurée, est grande au PS", explique Bernard Sananès, le président de l'institut CSA. 

Pour autant, à l'UMP personne n'imagine une vague bleue et les affaires judiciaires visant Copé, Sarkozy ou ses proches ne risquent pas d'inverser la tendance.

"Le maire est la seule figure politique qui a une majorité de bonnes opinions et il est très connu, ce qui donne un très gros avantage au sortant", remarque Jean-Yves Dormagen, pour qui une abstention plus importante à gauche ne suffirait pas à faire basculer les grandes villes tenues par la gauche.

Les partis et les candidats n'ont plus qu'à espérer que le constat qui établit que le scrutin municipal est celui qui mobilise le plus après l'élection présidentielle, se révèle une nouvelle fois vérifié. Un intérêt qui s'explique surtout par le caractère de proximité. 


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