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Il y a 75 ans, Bécassine était décapitée par trois Bretons

© Maxppp
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Depuis sa naissance en 1905, la petite bretonne au visage lunaire, un peu gourde et gaffeuse, est critiquée pour l'image déplorable qu'elle renvoie de la Bretagne. Excédé, un trio de Bretons est même allé jusqu'au musée Grévin pour détruire la statue en cire du personnage, en 1939.

Par Leïla Marchand

"Personnification de l'imbécilité", "air idiot", gentiment moquée par les Parisiens... Bécassine ne fait pas l'unanimité en Bretagne.
La petite Bretonne en robe verte et rouge est née sous la plume de Joseph Pinchon en 1905 de façon presque anecdotique. Le magazine de Suzette avait, ce jour-là, "une page blanche à boucher", et l'auteur a décidé de raconter la bévue de sa bonne, une Bretonne. Le personnage connaît ensuite le succès qu'on lui connaît, se déclinant en milliers d'exemplaires dans les albums pour enfants.

Ils se vengent sur la statue de cire

Caricature des milliers de jeunes femmes qui travaillaient comme domestiques à Paris, elle a égratigné dans leur fierté de nombreux Bretons. A tel point qu'un trio de "farouches autonomistes", comme ils se décrivent eux-mêmes, sont allés, un beau jour, se venger eux-mêmes sur sa statue de cire exposée au musée Grévin. C'était il y a exactement 75 ans, comme nous le rappelle France Inter ce mercredi dans une chronique

Le 18 juin 1939, à 15 h 30, ils "jetèrent la statue à terre et entreprirent de la fracasser à coups de marteau, réduisant en miettes le visage, les bras et les jambes de l'infortunée". C'est le livre Paris mystérieux et insolite qui rapporte fait-divers. Les trois Bretons seraient bien repartis sur la pointe des pieds après leur méfait. Mais l'un deux boîtait et a été arrêté par le gardien, tandis que les deux autres, prêts à monter dans un taxi, ont été interceptés par la secrétaire de la direction du musée.

Le lendemain, les journaux relatent cet "attentat" perpétrés contre l'héroïne. / © Archives Grevin
Le lendemain, les journaux relatent cet "attentat" perpétrés contre l'héroïne. / © Archives Grevin


Arrêtés, ils feignent ne pas parler français​

Arrêtés et placés en garde-à-vue, ils feignent ne parler que breton et ne répondent pas aux questions du commissaire. Après une nuit en cellule, ils retrouvent l'usage du français et déclinent leur identité. "Nous avons voulu protester contre la prochaine représentation d'un film tendant à consacrer une fois de plus le type de Bécassine considérée comme la personnification de l'imbécilité", justifient-ils, en faisant référence à l'adaptation cinématographique tournée par Pierre Caron en 1939.

Les trois justiciers ont finalement écopé d'une simple contravention... Et 75 ans après, Bécassine, elle, s'affiche toujours avec son visage rond et sa petite robe rouge et verte dans des centaines d'ouvrages et de produits dérivés.

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