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Monterfil (35) : une marche blanche en hommage à trois femmes pendues à la libération

Plus de 70 personnes étaient réunies lundi 4 août pour rendre hommage à trois femmes pendues dans la commune, à la libération / © France 3 Bretagne
Plus de 70 personnes étaient réunies lundi 4 août pour rendre hommage à trois femmes pendues dans la commune, à la libération / © France 3 Bretagne

Après 4 ans d'occupation allemande, la France retrouve sa liberté. Ceux qui ont collaboré deviennent alors les premières cibles de violences. A Monterfil, trois femmes seront tondues, exhibées, martyrisées et pendues sans avoir été jugées. Une marche blanche était organisée ce lundi 4 août.

Par Emilie Colin

Plus de 70 personnes ont marché vers ce qu'elles appellent "le bois des pendues" à Iffendic, pour rendre hommage à Germaine, Marie, et Suzanne pendues à la libération. Les organisateurs aimeraient obtenir une sépulture décente pour ces femmes, ou qu'une plaque avec leurs noms, les désignant comme victimes de guerre soit apposée sur le monument aux morts. Le sujet reste tabou dans la commune de Monterfil. Absent ce lundi, le maire avait refusé cette marche.

Une histoire que porte le village

A Monterfil, on n'aime pas trop parler de cette histoire, entre honte et culpabilité. Parmi ces trois femmes, deux étaient originaires de la région, une autre de l'Aisne. A l'époque, on leur reprochera d'avoir eu des faiblesses pour l'occupant (appelée aussi "collaboration horizontale"). Alors qu'elles étaient emprisonnées à Montfort, elles furent livrées à un groupe de résistants, exhibées devant la mairie, martyrisées puis pendues dans les bois. Cette exécution a impliqué des habitants de Monterfil, acteurs ou spectateurs. Ici, on ne prononce aucun nom, par égard pour les descendants. Mais 70 ans après, les tensions demeurent.

Aujourd'hui, c'est la première fois que la parole se libère 
 


La chasse aux collabos

Rennes a abrité le siège de l'appareil répressif nazi et de plusieurs partis ou milices collaborationnistes (comme les bretons de Bezen Perrot). Une fois les américains arrivés, la traque aux "collabos" se met en place. Elle se traduit par des violences voire des exécutions. Ces dernières ont souvent lieu en milieu rural, liées aux zones de Maquis (Centre et Ouest-Bretagne). Selon la gendarmerie, 42 exécutions sommaires auraient été commises dans le département (243 dans les Côtes-du-Nord, une centaine dans le Finistère, environ 250 dans le Morbihan). 

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