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Centrale à gaz de Landivisiau : le préfet s'explique

Les anti-centrale de Landivisiau (29) ont profité de la publication d'une lettre écrite par le préfet pour relancer la polémique autour de sa construction. Le préfet demandait à RTE de repousser son étude sur une possible connexion énergétique entre la Bretagne et l'Irlande. Il s'en explique.
La centrale thermique de Martigues. GERARD JULIEN / AFP
La centrale thermique de Martigues. GERARD JULIEN / AFP
Il reconnaît que le courrier était maladroit et qu'il n'aurait jamais dû être rendu publique. Le préfet Strzoda tenait, ironie du calendrier, une conférence de presse sur la transition énergétique, trois jours à peine après que sa lettre adressée à RTE (réseau de transport électrique) n'ai été publiée par Médiapart. Dans son courrier, le préfet demandait à EDF de repousser son étude de faisabilité du raccordement à l'éolien irlandais. EDF n'a pas donné suite au courrier.

Utile, ou pas ? 

Le projet de centrale à gaz de Landivisiau vise à améliorer l'efficacité énergétique de la Bretagne, notamment lors des pics de consommation qui ont lieu le soir, lorsque tout le monde rentre du travail. Des études ont cependant commencé pour envisager un raccordement de la Bretagne au réseau éolien irlandais, via un câble sous-marin.

Deux projets énergétiques qui se complètent, selon le préfet, ou entrent en concurrence, selon les anti-centrale. Aussi pour le collectif Gaspare (Garantir l'avenir solidaire par l'autonomie régionale énergétique), la centrale sera rendue obsolète dès que cette interconnexion sera effective. Ils réclament donc l'abandon du projet, dont le coût a été estimé 40 millions d'euros par an.  

La centrale se fera

Questionné sur l'avenir de la centrale, le préfet a maintenu ses positions : "ce sera très bien si  les Bretons peuvent compter sur le courant irlandais dans une quinzaine d'années mais, d'ici là, je ne veux pas risquer qu'un breakdown électrique général mette la population en difficulté". Selon lui, les deux projets ne s'appréhendent pas sur la même durée. Pour le branchement avec l'Irlande, "on envisagerait une possibilité de réalisation à l'horizon 2025 ou 2030", estime le préfet, alors que la centrale pourrait être effective dès octobre 2016.

Malgré la polémique créée par la publication du courrier et entretenue par Gaspare, la centrale ne semble pas du tout compromise. Dominique Ramard, conseiller régional Bretagne Écologie, délégué à l'énergie, enfonce le clou : "C'est un écologiste qui vous le dit, la centrale au gaz est le complément nécessaire du programme breton de développement des énergies renouvelables". Selon l'élu, la piste irlandaise est même "illusoire".

Une enquête publique commencera lundi 15 septembre. Les bretons sont invités à s'exprimer sur l'avenir énergétique du territoire. Alors pour le Gesper (Groupe d'étude et de soutien à la production d'énergies régionales), cité par Ouest France, le but de la polémique, qui s'appuie "sur une lettre du mois d'avril qui n'a pas été suivie d'effets",  serait "peut-être d'influencer l'avis des citoyens appelés à se prononcer lors de l'enquête publique." 
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