Affaire Rocancourt : Kofi Yamgnane mis en examen pour "trafic d'influence"

L'ancien secrétaire d'Etat PS et ancien député finistérien Kofi Yamgnane a été mis en examen mercredi soir pour "trafic d'influence" dans l'affaire de corruption impliquant Christophe Rocancourt. Il est soupçonné d'avoir accepté une somme d'argent pour intervenir en faveur d'une sans-papier.

Paris - Kofi Yamgnane en conférence de presse après la décision de la cour constitutionnelle du Togo de rejeter sa candidature aux élections présidentielles en février 2010.
Paris - Kofi Yamgnane en conférence de presse après la décision de la cour constitutionnelle du Togo de rejeter sa candidature aux élections présidentielles en février 2010. © J. Saget
Placé en garde à vue mercredi matin, l'ancien député finistérien Kofi Yamgnane a été mis en examen le soir même par les juges Roger Le Loire et Charlotte Bilger, du pôle financier de Paris. 
Ils soupçonnent Kofi Yamgnane d'avoir reçu 3.000 euros pour intervenir auprès des autorités françaises pour faciliter la régularisation d'une Marocaine sans-papier.

Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les autres protagonistes de ce dossier, et devra s'acquitter d'un cautionnement de 3.000 euros, selon une source proche du dossier contactée par l'AFP.

Soupçonné d'avoir facilité une régularisation

Le Monde écrivait lundi que M. Yamgnane aurait été approché pour intervenir auprès des autorités françaises pour faciliter une régularisation. Il aurait accepté une enveloppe de plusieurs milliers d'euros pour intervenir en faveur d'une sans-papiers marocaine.

Elu maire de Saint-Coulitz (29) en 1989, Kofi Yamgnane est conseiller régional de Bretagne entre 1992 et 1997. En 1994, il devient conseiller général du Finistère puis en 1997, il est élu député. Il a été secrétaire d'Etat aux Affaires sociales et à l'Intégration de 1991 à 1992 puis à l'Intégration de 1992 à 1993 dans les gouvernements Cresson et Bérégovoy.

M. Yamgnane, qui possède la double nationalité française et togolaise, avait également tenté de se présenter à la présidentielle togolaise en 2010, mais sa candidature avait été rejetée par la cour constitutionnelle togolaise.

Christophe Rocancourt mis en examen

Dans cette enquête, les juges du pôle financier soupçonnent notamment Christophe Rocancourt, "l'escroc des stars", d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des situations administratives en lien avec des titres de séjour. Dans l'affaire qui lui vaut d'avoir été placé en garde à vue, Christophe Rocancourt a été mis en examen le 9 octobre, notamment pour escroquerie, trafic d'influence actif et blanchiment de fraude fiscale, et placé en détention provisoire. Sa compagne, l'un de ses avocats, Me Marcel Ceccaldi, l'ex-patron du GIGN, Christian Prouteau, et un notaire ont également été mis en examen mais laissés en liberté. 

Christophe Rocancourt s'était rendu célèbre en se faisant passer dans les années 90 pour un héritier du milliardaire américain Rockefeller, abusant ainsi plusieurs stars de Hollywood. Il avait purgé cinq ans de prison aux Etats-Unis pour ces escroqueries.

En février 2012, il avait été condamné en France à 16 mois de prison, dont huit mois ferme, et 578.000 euros de dommages et intérêts pour abus de faiblesse au préjudice de la cinéaste Catherine Breillat, à qui il avait extorqué plus de 700.000 euros.

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