A Quimperlé, un médecin urgentiste non vacciné s’était reconverti dans la télémédecine. Il est aujourd’hui contraint d’arrêter

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Écrit par Eric Nedjar
Après avoir été suspendu des urgences à l'hôpital de Quimperlé, Vincent Lodini a pratiqué la télémédecine.
Après avoir été suspendu des urgences à l'hôpital de Quimperlé, Vincent Lodini a pratiqué la télémédecine. © Nicolas Corbard

Médecin urgentiste au Centre Hospitalier de Quimperlé, Vincent Lodini avait été suspendu le 15 septembre pour non-vaccination. Depuis, il avait pu continuer d’exercer en télémédecine. Mais entretemps, nouvelle désillusion. Le médecin a été sommé de stopper les téléconsultations. Une mesure qui prenait effet ce vendredi 15 octobre.

Vincent Lodini est un médecin dépité, en colère aussi. Depuis 2015, il exerçait son métier au service des urgences au Centre Hospitalier de Quimperlé, avant d’être suspendu le 15 septembre dernier parce que non vacciné contre la Covid 19. Très vite, il rebondit, en se faisant employer par un centre médical de téléconsultations basé en Ile-de-France.

Une mesure administrative absurde

Le médecin continue de soigner, à distance. Pourtant, trois semaines, à peine, plus tard, son nouvel employeur l’informe qu' à partir du 15 octobre, l’obligation vaccinale préconisée par l'Agence régionale de santé (ARS) s’appliquera également au personnel de santé en télétravail. Pour Vincent Lodini, cette mesure est absurde. "Je pense être le médecin le moins dangereux de France en fin de compte. Je ne pense pas pouvoir transmettre le virus à qui que ce soit par Internet. Même si j’éternue, je ne pense pas que cela passera par la caméra, ironise-t-il, avant de poursuivre plus sérieusement, il n’y a aucune explication médicale cohérente à cette situation".

Des vaccins au cas par cas

Si aujourd’hui Vincent Lodini se retrouve sans travail, c’est parce que pour des raisons de santé, il refuse de se faire vacciner. Non pas qu’il s’oppose au vaccin. Mais dans son cas, et c’est le médecin qui diagnostique, les risques sont trop grands. "Pour chaque médicament, il y a des effets indésirables, et il y a des bénéfices à attendre. Ce rapport bénéfice risque, je le calcule pour chaque patient, et je me dis celui-ci est mieux, celui-ci est moins bien, c’est de la médecine quoi", explique-t-il.

Au 1er octobre, l’ARS dénombrait 644 professionnels libéraux conventionnés non vaccinés, soit 3 % de l’effectif. 

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