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De nombreux artistes pratiquent l'art animal (et non animalier) et ont pris l’option de créer des œuvres en donnant une deuxième vie à une matière première inattendue, que ce soit des outils anciens, des canevas ou des plumes.

Du crayon au marteau


Pour débuter la série, un peintre lithographe, Pierre Roussia, installé à Cancale. Il a toujours été passionné par cet art très figuratif. La taxidermie, qu’il a pratiquée pendant 10 ans lui permet d’avoir des modèles pour le travail très précis qu’il réalise. Il peint l’animal au plus juste, au plus près. Ces réalisations ont été éditées dans de nombreuses revues cynégétiques. Il continue à être peintre-lithographe, selon la plus pure tradition. Il utilise toujours une presse à bras qui date de 1830. L’art animalier est une passion qui, dit-il, lui a pris toute sa vie !

Art animal, du crayon au marteau
Rencontre avec Pierre Roussia artiste animalier et peintre lithographe, ainsi qu'avec Christophe Castellan, sculpteur. Tous les deux travaillent sur l'art animal, manière d'immortaliser la nature. Un reportage de C. Carlier, C. Rousseau, M. Le Carrour, JF. Barré / avec archives Ina octobre 1994 - Pierre Roussia, Artiste animalier - Christophe Castellan, Sculpteur

Autre démarche, celle de Christophe Castellan. Il s’est installé à Henvic près de Carantec. Il s’est pris de passion  pour les outils anciens utilisés pour le maraîchage et s’amuse à les détourner. Il est capable de transformer un soc de charrue en cormoran, ou encore de mettre en éventail plusieurs lames de faucilles et d’imaginer déjà un coq. Alors il a fait son atelier dans un bout de sa longère. Il a appris à manier le fer à souder et réalise des sculptures très originales.

Les doigts de fée


Céline Jégou à Dinan et Anne Limbour à Saint-Malo sont deux artistes qui défient les matières et les subliment. Les plumes et les canevas ont été source d’inspiration et chacune propose un plongeon étonnant dans l’art animalier.

Rendez-vous avec Céline Jégou à Dinan dans la galerie vie de chien. Des sculptures multicolores envahissent l’espace. Le célèbre chien de Jeff Koons, est  décliné dans plusieurs tailles et surtout dans plusieurs coloris et motifs. Céline Jégou s’est amusée. Toutes ces sculptures sont en canevas. La galerie est donc une balade dans une réserve improbable d’animaux. Céline trouve son inspiration dans les canevas. Elle en a une collection impressionnante amassée  depuis des années. Elle les range en fonction des thématiques. Beaucoup de reproductions  de tableaux, de paysages bucoliques, de scènes de chasse ou des portraits de breton ou bretonne. Elle prend plusieurs modèles, les découpe, les assemble au gré de son  inspiration.  Elle finit par ‘ habiller’  ses sculptures réalisées en  papier compressé.  Le résultat est coloré, étonnant. Les canevas qui passent entre les mains de Céline connaissent une nouvelle vie.

Anne Limbour a jeté l’ancre à Saint-Malo, un retour aux sources pour cette bretonne qui est allée travailler à Paris dans le milieu de la mode. Dans son atelier, Anne fait des tableaux mais n’a pas de pinceaux, elle travaille avec des ciseaux, des épingles et surtout des plumes. Elle a une réserve de dizaine de variétés différentes. Des plumes de pintade, de paon, de perdrix, de pigeon, de paon…..Elle aime jouer avec les couleurs, les aspects et les tailles différentes. 

Méticuleusement, silencieusement, elle découpe des centaines de plumes en forme de poissons.  Ces tableaux sont des plongées sous-marines avec des  centaines de poissons  qui tourbillonnent ou évoluent en bancs. Elle  réussit à faire voler les poissons !

Art animal : les doigts de fée
Un reportage de C. Carlier, C. Rousseau, M. Le Carrour, JF. Barré / avec Céline Jégou, plasticienne - Suzanne Leclerc - Anne LIbour, Artiste

Les traditions : à Quiberon le Gyotaku inspire


À Quiberon, souffle comme un vent venu du Japon, notamment avec le Gyotaku. Cet art japonais consiste à prendre l’empreinte d’un poisson sur un support souple comme la soie. C’est une tradition japonaise qui remonte à plus de 1500 ans, et qui était utilisée par les pêcheurs pour immortaliser leur prises. C’est devenu un art.

Marc Porrini est un peintre aquarelliste qui s’est passionné il y a une dizaine d’années pour cette technique. Seul l’œil du poisson est peint avec un pinceau, l’essentiel est fait avec un tampon de coton et des encres de couleur confectionnées par un maitre japonais. Minéo Ryuka Yamamoto accepte de transmettre sa technique et son savoir- faire. Ce qui est assez unique au Japon car la plupart des maîtres du gyotaku préfèrent garder leurs méthodes secrètes. Depuis 2016, Marc Porrini a obtenu le titre de maître sous le nom d’artiste japonais Maruku. À son tour, il a des élèves et leur apprend cette techniques si particulière.

L'art animal : à Quiberon on pratique le Gyotaku
Un reportage de C. Carlier, C. Rousseau, M. Le Carrour, JF. Barré / avec Marc Porrini, Maître Gyotaku - Armelle Congratelle, poissonnerie "le Cormoran" - Mineo Ryuka Yamamoto, Maître Gyotaku

 

Le "savoir fer"


Laurent Girard est professeur de biologie au lycée Kerraoul à Paimpol. IL vient de décrocher la médaille de bronze au salon des artistes à Paris au grand Palais, c’était sa première participation ! une fois la surprise passée, il a été heureux, car c’est une reconnaissance de ses pairs dit-il. Laurent Girard, s’est lancé en  2012 dans la sculpture sur métal. Il a investi le garage de sa maison, et l’a transformé en atelier. Il s’est mis à la soudure, alors qu’il n’était pas expert, mais c’est comme la musique dit-il , inutile de passer des années à apprendre le solfège, quand il y a l’envie et la motivation,  il faut se laisser porter  !

Il commence toujours par un dessin à l’échelle, puis se lance dans une sorte de corps à corps avec le métal. Il manie le fer à souder, le marteau la meuleuse, il façonne toutes sortes d’animaux ou d’oiseaux. À chaque fois, c’est comme une naissance, car il redonne une deuxième vie à la matière. Il travaille uniquement avec de la récup. Il va aussi glaner dans les chantiers, les exploitations agricoles, les ports, et va récupérer toute la ferraille. Il adore la rouille et ses dégradés de couleurs, la dentelle de la matière. Quand il a une idée, il ne veut pas être à court de matières premières, alors il amasse. Il peut tenir des années et c’est bien là son objectif, continuer à sculpter, et à se faire plaisir  !

L' art animal : le "savoir fer" du sculpteur Laurent Girard
Un reportage de C. Carlier, C. Rousseau, M. Le Carrour, JF. Barré / avec Laurent Girard, Sculpteur