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S’il est un symbole de nos paysages et de nos côtes bretonnes, c’est bien le phare. Il se dresse fièrement face à la mer et aux embruns. Il est ancré à la fois dans l’histoire mais aussi dans l’imaginaire collectif. Pour cette nouvelle série, Itinéraires nous emmène sur le littoral pour nous raconter des histoires de phares.
 

« Episode 1 : rêves de Phares »


Sa silhouette frêle qui se découpe sur l’horizon interroge toujours sur sa capacité à résister aux tempêtes. Qui ne s’est jamais imaginé un jour, coincé dans la lanterne, par un vent à décorner les phares. De nombreux récits d’aventures en ont fait le décor, pour ne pas dire le personnage principal de leurs intrigues. Il y là en effet matière à titiller l’imaginaire.

Dans ce premier épisode, nous irons à la rencontre de Ramine, un artiste peintre d’origine iranienne mais désormais 100% brestois. Avec lui, les phares se mettent à danser, à la manière de Gene Kelly dans « Chantons sous la pluie ». Ils y gagnent en rondeur et en couleur. A l’instar des peintres de marine, Ramine est un peintre de phares.

Nous accompagnerons ensuite une famille rennaise qui a choisi comme lieu de vacances le phare de l’Ile Louet. Elle est située en Baie de Morlaix, à quelques encablures du Château du Taureau. Depuis dix ans maintenant, la ville de Carantec a transformé la maison du gardien en gîte. Elle se loue d’avril à octobre. Le confort y est sommaire mais le dépaysement garanti. De quoi jouer les Robinsons le temps d’un week-end.
 
 

"Episode 2 : la lumière des gardiens"


De Jean-Pierre Abraham, gardien de phare devenu écrivain -à moins que ce ne soit l’inverse- à Honorine Le Guen, seule femme en activité du temps où la vapeur de pétrole alimentait le feu, la galerie de portraits des gardiens de phare ne manquent pas de figures.

Dans ce deuxième épisode, nous avons choisi de donner la parole à deux d’entre eux. Ils ont œuvré dans des phares de la côte nord. Gérard Raoul vient tout juste de partir à la retraite. Il a quitté en mai dernier le métier d’électromécanicien de phare, selon la terminologie officielle. Monté pour la première fois au phare des Triagoz en 1979, il a connu le passage à l’automatisation, la fin d’une époque.

L’un de ses collègues, c’était François Jouas-Poutrel. Lui aussi est désormais retiré des affaires. Pendant sa carrière, il a passé plus d’une vingtaine d’années au phare des Roches-Douvres, situé au nord de l’île de Bréhat. Un temps qu’il a mis à profit pour se consacrer à sa grande passion, la peinture. Il a donc croqué les Roches-Douvres à la manière des grands maîtres. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a plutôt l’œil.
 

Episode 3 : retour aux Roches Douvres

Le service des Phares et Balises recense 150 grands phares sur les côtes françaises, en comptant la métropole et l’outre-mer. 25 sont en pleine mer. Parmi eux, il y a celui des Roches-Douvres. Il est construit sur un plateau rocheux, à 17 milles nautiques, soit environ 30 kilomètres, de l’île de Bréhat, et à un peu plus de 20 milles nautiques, soit une quarantaine de kilomètres, de l’île anglo-normande de Guernesey. C’est tout simplement le plus éloigné du continent.

C’est aussi le dernier phare en mer construit en France. Ou plutôt reconstruit puisque le premier bâtiment érigé en 1869, une grande tour métallique jumelle de celle de l’île Amédée en Nouvelle-Calédonie, a été détruite pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cette reconstruction débutera en 1947 pour s’achever en 1954. Cette fois, elle se fera en granite de Ploumanac’h pour donner au final le plus spacieux, et l’un des plus majestueux, phares français.

Depuis octobre 2000, le phare des Roches-Douvres est automatisé. Mais chaque été, le phare retrouve une présence humaine. Des agents de la subdivision des Phares et balises de Lézardrieux s’y rendent pendant cinq semaines pour une mission de réarmement. En clair, il s’agit d’assurer les petits travaux d’entretien pour que l’édifice ne se dégrade pas trop vite. C’est à l’une de ses missions que nous vous convions dans ce troisième épisode. Une mission qui commence par trois heures de navigation.


 

Episode 4 : l’enfer des enfers

De l’enfer au paradis, la route est parfois longue. Dans le jargon des gardiens de phare, le paradis, ce sont les phares construits à terre, sur la côte, à proximité des habitations.

Viennent ensuite les purgatoires, situés en plein mer mais sur une île comme ceux de Sein, Ouessant ou Belle-Ile. Enfin, il y a les enfers. Toujours en pleine mer, mais plantés sur des cailloux, difficiles d’accès, des postes isolés où la solitude prend tout son sens.

Et dans cette hiérarchie qui se gravissait à l’ancienneté, les plus jeunes commençant en enfer pour finir leur carrière au paradis, Ar Men occupe une place singulière. Son surnom est tout un programme : l’enfer des enfers.

Situé à l’extrémité de la chaussée de Sein, c’est le phare le plus à l’ouest de la pointe bretonne, et du continent européen. Son chantier de construction fut titanesque. Quatorze ans de travaux entre les premiers trous percés dans la roche en 1867 et la mise en service du feu en 1881.

Pendant plus de cent ans, il sera habité, la dernière relève ayant lieu le 10 avril 1990.
Dans ce dernier épisode, nous mettons donc le cap sur Ar Men, « la Pierre » en breton.
Un phare dont l’histoire a séduit cette année deux auteurs de bandes dessinées bretons. Emmanuel Lepage et Nicoby en ont fait le cadre de leurs derniers albums. De quoi redonner des couleurs au vieux phare, désormais classé aux Monuments historiques, (depuis le 20 avril 2017).




 

Pour prolonger ces histoires...

RAMINE « Portraits de Phares et Balises »
            (Editions Chasse-Marée Glénat)

RAMINE « La légende d’Iroise sirène de Saint-Mathieu »
        (Edité par Ramine et le Pays d’Iroise)

François JOUAS-POUTREL « Les phares du gardien de phares »
        (Editions Ouest-France)

François JOUAS-POUTREL « Le Mont Saint-Michel à la manière d’eux… »
        (Editions OREP)

Emmanuel LEPAGE « Ar Men, l’enfer des enfers »
        (Editions Futuropolis)

Nicoby et Weber « Sang de sein »
        (Editions Vents d’Ouest)

Francis DREYER et Jean-Christophe FICHOU
« L’histoire de tous les phares de France »
        (Editions Ouest-France)