Cantines scolaires. Remplacements, pique-nique... le système D au menu

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Les difficultés s'accumulent dans les écoles. Et les cantines scolaires font aussi les frais de l'épidémie un peu partout en Bretagne. Face à l'absentéisme massif, le système D et la solidarité sont les seules solutions.

En temps normal à Crozon, sur les fourneaux de la cantine centrale, près de 350 repas sont préparés chaque jour et distribués aux élèves des cinq écoles de la commune. Mais cette semaine, les casseroles restent sur l’étagère car la cuisinière a contracté le COVID, ainsi que huit autres agents, soit 20% des effectifs périscolaires.

Réorganisation du personnel 

Et pour la municipalité, il a fallu gérer la crise, comme l'explique le maire de Crozon, Patrick Berthelot : "D’abord trouver une cuisinière ou un cuisinier qui a la compétence de la cuisine en collectivité, ça ne se trouve pas comme ça et on n’en a pas trouvé. Et par ailleurs, remplacer 20% du personnel, c’est extrêmement compliqué. Ce que l’on a fait, c’est qu’on a mobilisé du personnel qui n’était pas dans le service cantine, pour compléter l’accueil et la garde dans les cantines".

Pour les parents d’élèves, cela n'a pas été simple non plus. Ils avaient deux choix possibles : soit laisser les enfants à l’école en leur préparant un pique-nique,  soit s’organiser pour venir les chercher et manger à la maison.

Les charmes du pique-nique

Ingrid Zyla, agent territorial périscolaire, constate qu' à la cantine, il y a moins d'élèves que d'habitude mais "avec le repas froid prévu par les parents, les enfants sont contents apparemment". Ce que confirme la mine réjouie de la petite Célina qui savoure visiblement le sandwich préparé par sa maman. A tel point que quand on lui demande si elle préfère le pique-nique ou la cantine, et bien c'est un cri du coeur : "Le pique-nique !".

A la table d'â côté, Maëlle déguste un taboulé en lorgnant déjà sur son dessert, une compote de pommes. Si les enfants ne semblent absolument pas traumatisés, pour les parents c'est plus compliqué à gérer. A l'image d'Angélique, une maman de l'école : "On le laisse à la cantine habituellement  donc là oui, il faut s’organiser pour venir le chercher tous les midis depuis la semaine dernière et quand on travaille, c’est super embêtant…

Quand on travaille, c'est super embêtant...

Angélique, parent d'élève

Il y a ceux qui ont la possibilité de télétravailler et pour qui il est donc plus facile de venir chercher leurs enfants sur l'heure du déjeuner. Et puis parfois, pour ceux qui sont coincés le midi sur leur lieu de travail, il y a la famille, les grands-parents ou d'autres parents de l'école qui prennent le relais. 

Des parents épuisés

Les fédérations de parents d'élèves constatent que les parents sont solidaires mais épuisés et préoccupés. Une inquiétude qui se focalise sur la santé de leurs enfants, le suivi scolaire et au-delà l'avenir de cette jeune génération.

Pour tous, une chose est sûre, il n'est pas évident non plus de gérer le timing, comme l'explique Céline Delassalle, déléguée de parents d'élèves : "C'est du stress en plus. Des fois, ça peut être un peu serré, le temps de les récupérer le midi, de mettre tout le monde dans les voitures, rentrer à la maison, les mettre tout de suite à table et dès qu'ils ont fini, repartir illico à l’école". 

La semaine prochaine, a priori, un retour à la normale se profile pour les écoles de Crozon. Le personnel devrait être à nouveau suffisant pour gérer les services de restauration. Christelle Perrin, la directrice de l'école Tal-ar-Groas avoue "faire le dos rond car on sait que c'est temporaire"

Madame le maire sert à la cantine 

Temporaire, lui aussi, mais il a beaucoup fait parler de lui, le geste de la maire de La Couyère, petite commune au sud de Rennes. En raison de l'absence un midi d'une salariée qui devait faire tester sa fille en urgence pour Covid-19, Jacqueline Sollier a servi à la cantine de l'école Henri Matisse lundi 10 janvier pour éviter d'avoir à renvoyer les enfants chez eux.

Cela n'est plus arrivé depuis mais selon elle, de nombreux élus mettent la main à la pâte de cette façon : "Je ne suis pas la seule à le faire. Je fais pareil pour la garderie en cas de besoin. C'est une réalité de terrain. Nous le faisons pour les enfants et leurs parents"

Toujours 15% d'agents absents à Rennes 

Ailleurs en Bretagne, du côté de la ville de Rennes, le service de restauration scolaire est, lui, modérément perturbé par l'épidémie. Le taux d'absentéisme des agents de restauration scolaire reste similaire à celui de la semaine dernière, à savoir près de 15 %, soit environ 200 sur les 1500 que comptent les effectifs de la Direction Education Enfance de la Ville de Rennes.

Les menus n'ont pas été modifiés au cours de la semaine dernière, excepté pour la journée du jeudi 13 janvier où il a été demandé aux familles, dans toutes les écoles, de préparer un pique-nique en raison du mouvement social.

Jusqu'ici, tous les agents ont pu être remplacés, mais si les absences se multiplient encore, la Ville aura sans doute des difficultés à faire face.