Plusieurs centaines de véhicules ont convergé depuis Brest, Quimper, Guingamp ou Lorient, vers Châteaubourg , en Ille-et-Vilaine. La commune a accueilli jeudi 10 février au soir les participants bretons aux multiples convois de la liberté, imitant l'initiative créé au Canada, qui prennent la route vers Paris, puis Bruxelles, ce vendredi.
Des différents parkings mis à disposition par la commune de Châteaubourg, idéalement située le long de la 2x2 voies, plusieurs centaines de véhicules se mettent en route ce vendredi matin. Après avoir suivi deux itinéraires différents depuis plusieurs villes de Bretagne, le convoi de la liberté va rejoindre la région parisienne, pour ensuite rallier Bruxelles.
Avant le départ, ils auront pu prendre un petit déjeuner, grâce au restaurant routier le Ker Ann Jo, qui a participé activement à l'accueil des hommes et des véhicules, par la commune.
Faut souffrir pour être libres
Devant leurs voitures, les manifestants soufflent dans leurs doigts. La température est descendue à moins 2, mais, "nos libertés sont en jeu, faut souffrir pour être libres" lâche une des membres du convoi.
Avant de prendre la route, certains sont venus se réchauffer autour d'un café, et les discussions tournent évidemment autour du vaccin. "Les individus sont balayés, il faut suivre ce que décident le gouvernement, l'Assemblée et le Sénat, mais plus personne ne tient compte de nous".
Une seringue sur le toit du van
Sur le toit de leur van, ils ont installé une énorme seringue de 2 mètres de long sur laquelle ils ont écrit Liberté. Ce couple de finistériens a bien l'intention d'aller jusqu'à Bruxelles.
" Je ne veux pas être un rat de laboratoire" poursuit leur voisin de parking. "On ne connait pas les conséquences et les effets secondaires de ce vaccin."
Il y a quand même des scientifiques, qui tiennent la route, pas des Mickey, qui ont expliqué que ce n'était pas un vaccin mais une manipulation génétique" continue un autre.
"En fin de compte, on est en train de terroriser les gens et les gens sont dans une peur pas possible, c'est grave ce qu'on vit " termine Yannick.
Le convoi s'élance vers Paris, sans savoir s'il pourra y arriver.
Une soirée de retrouvailles
En fin d'après-midi, ce jeudi 10 février, les véhicules des différents convois (l'un par le nord de la Bretagne, l'autre par le sud) ont commencé à arriver au point de ralliement : le grand parking du restaurant.
Parmi les participants, un couple dont la femme a été licenciée parce qu’ elle n’était pas vaccinée. " C’est illégal ! Je ferai une procédure... mais dans quel pays sommes nous ?" s'indigne-t-elle.
Une infirmière, Sabine, et une aide-soignante, Joëlle, viennent des environs de Rennes (les prénoms ont été modifiés). Joëlle est en arrêt-maladie. Sabine, suspendue parce que non-vaccinée, n'a plus de salaire depuis plusieurs mois, " mais on ira jusqu'au bout". Elle regrette le manque de soutien, " l'indifférence complète, sauf de quelques associations qui se sont créées au niveau local".
L’état de droit est en suspens
Parmi les véhicules, on repère aisément un van vert, surmonté d'une seringue taguée du mot "liberté". Pierre, le propriétaire, vient de Clohars-Carnoët, dans le Finistère. " A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle" justifie-t-il, avant d'affirmer qu'il ira " jusqu'au bout". C'est à dire jusqu'à Bruxelles. Même si l'accès à Paris a été interdit par le préfet d'Ile-de-France.
Autour de lui, tous sont unanimes à critiquer le gouvernement, mais également des médias. Lorsqu'ils parlent de "vaccin", eux évoquent une "injection".
Une professeure de droit venue d'Audierne cite son livre de référence du moment, Droit public, l’état d’urgence. " L'état de droit est en suspend" explique-t-elle, " il y a eu un viol de la constitution."
QR codes, labos pharmaceutiques, amertume vis à vis des médias… la soirée s'est étirée autour de ces conversations, comme une rencontre exceptionnelle qui fait suite aux multiples manifestations auxquelles beaucoup ont participé durant des semaines.
Les participants restent mobilisés et attendent de voir quel sort leur sera réservé à Paris.