Coronavirus : les hôpitaux de Brest et Quimper en renfort du Grand-Est

Le CHU de Brest, comme l'hôpital Quimper, ont été sollicités pour prendre en charge six patients atteints du Covid-19, en réanimation à Mulhouse et Colmar, dans le Haut-Rhin, où les hôpitaux sont saturés. / © S. Ben Cherifa - France Télévisions
Le CHU de Brest, comme l'hôpital Quimper, ont été sollicités pour prendre en charge six patients atteints du Covid-19, en réanimation à Mulhouse et Colmar, dans le Haut-Rhin, où les hôpitaux sont saturés. / © S. Ben Cherifa - France Télévisions

Six malades du Covid-19 en réanimation ont été transférés d'hôpitaux du Grand-Est vers Brest et Quimper par avion militaire mardi. Les hôpitaux de l’Ouest de la Bretagne, contrairement à ceux de l’Est et de l’Ile-de-France, ne sont pas submergés pour le moment.
 

Par Bleuenn Le Borgne

"C’était impensable de laisser ces patients dans l’Est et de laisser nos collègues se noyer sans rien faire", dit le Docteur Jean-Marie Tonnelier, chef du Pôle Anesthésie-Soins d'Urgence-Réanimations du CHU de Brest. Le centre hospitalier brestois, ainsi que celui de Quimper, ont été sollicités le week-end dernier, pour prendre en charge six patients atteints du Covid-19, en réanimation à Mulhouse et Colmar, dans le Haut-Rhin, où les hôpitaux sont saturés. Dans la nuit de dimanche à lundi, la décision d’accueillir ces six malades à Brest et Quimper a été prise "très vite", précise le médecin brestois. Le transfert a été organisé mardi par avion militaire. Une opération saluée par la ministre des armées, Florence Parly.

Des patients dans un état stable


Quatre patients sont donc actuellement hospitalisés à Brest et deux à Quimper. Au Centre hospitalier de Cornouaille, les deux patients arrivés de Colmar s’ajoutent à un malade du Covid-19 - le seul jusqu’à présent - hospitalisé dans le service de réanimation. Le CHU de Brest, lui, n’a pas souhaité communiquer sur le nombre de patients du Covid-19 dans ses services.

Les personnes transférées du Grand-Est à Brest ont toutes entre 50 et 65 ans. "Des patients plutôt jeunes, par rapport à ceux que l'on accueille habituellement en réanimation", constate le professeur Erwan l’Her du CHU de Brest. "Ces patients étaient sédatés et sous respirateurs artificiels", détaille le médecin. Hospitalisés dans un état grave dans leurs régions d’origine, ces malades étaient "stables" depuis quelques jours, et donc en état d'être transportés. Le but était de libérer de la place dans leurs établissements et ainsi leur permettre de prendre en charge d’autres patients. "Car la situation chez eux est extrêmement instable",  rappelle Erwan l'Her.
 


Les médecins du service de réanimation et de soins intensifs ne peuvent dire combien de temps ces personnes vont être hospitalisées dans leurs services. "On sait que les patients du Covid-19 ont besoin de prises en charge en réanimation très longues la plupart du temps, explique le professeur l’Her, cela peut aller jusqu’à 20 ou 30 jours en réanimation totale. Les patients ont des besoins très importants en oxygène, sur un temps très prolongé. C’est assez inhabituel par rapport à une pneumonie ou une grippe".

Dès l’arrivée des patients dans le service de réanimation médicale, nous avons immédiatement pris contact avec les familles, qui savent exactement où sont hébergés leurs proches,  affirme le docteur Tonnelier, du CHU de Brest.

A priori, il n’y aurait pas d’autres transferts prévus dans les jours à venir à Brest et Quimper. "Mais il n’est pas exclu que la Bretagne puisse encore participer à l’effort pour venir en aide aux hôpitaux du Grand Est ou de la région Ile-de-France", selon Noureddine Chahir, chef de service du SAMU 29. "Nous sommes aussi en train d’anticiper un pic épidémique en Bretagne", ajoute-t-il.

Les hôpitaux finistériens se préparent


Pour l’instant, la situation dans le Finistère serait calme. Mais les établissements se préparent. "Le centre hospitalier de Quimper a une capacité habituelle de 12 lits de réanimation et de 3 lits de soins intensifs . Afin de se préparer à l’afflux potentiel de patients présentant des formes graves de Covid-19, cette capacité a été portée à 33 lits. Pour cela, nous avons ajouté au matériel de la réanimation les équipements habituellement utilisés en remplacement, le matériel des salles de réveil et nous avons aussi bénéficié de prêts de la part d’entreprises qui nous fournissent", énumère Nathalie Fremin, directrice adjointe de l’hôpital de Quimper, en charge des soins.
 
Le centre hospitalier de Quimper passe de 12 lits de réanimation et de 3 lits de soins intensifs à 33 lits, afin de faire face à l’afflux potentiel attendu de malades du Covid-19. / © C. Louet - France Télévisions
Le centre hospitalier de Quimper passe de 12 lits de réanimation et de 3 lits de soins intensifs à 33 lits, afin de faire face à l’afflux potentiel attendu de malades du Covid-19. / © C. Louet - France Télévisions
 

Nous avons un peu plus de temps que dans l’Est pour nous organiser, affirme Nathalie Fremin, directrice adjointe de l’hôpital de Quimper.

Les équipes aussi se réorganisent. "Depuis 10 jours, des compléments de formation ont été dispensés aux personnels des salles de réveil et à des agents ayant déjà travaillé en réanimation par le passé afin de compléter l’effectif de soignants nécessaires au fonctionnement des 33 lits de réanimation", explique Nathalie Fremin. Le fonctionnement des urgences de Quimper est lui aussi modifié, avec la création de deux parcours distincts pour les admissions: "C’est un infectiologue qui oriente les patients dès leur arrivée afin que ceux ayant un diagnostic positif de Covid ou qui ont une suspicion de Covid aient un cheminement séparé des patients dit « hors covid » ou « hors suspicion »". Selon, la direction, ces réorganisations doivent permettre de faire face au pic épidémique dans les semaines à venir.

Tout le monde est sur le pont, racontent les médecins du service de réanimation du CHU de Brest.

A Brest aussi, les équipes se préparent à la vague de malades du Covid-19. "Les personnels de nos services sont préparés, motivés et sereins", rassurent Erwan L’Her et Jean-Marie Tonnelier. "Le danger, les soignants en sont parfaitement conscients mais ils se préparent de la meilleure façon possible ".



 

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