Coronavirus : inquiétude des étudiants logés par le CROUS qui les "invite" à quitter leur résidence

Les logements universitaires restent ouverts, indique le CROUS de Bretagne dans un message adressé à ses résidents. Mais ce dernier invite également les étudiants qui le peuvent à retourner au domicile familial, y compris les étudiants étrangers...

La cité universitaire de Beaulieu à Rennes
La cité universitaire de Beaulieu à Rennes © Google Street

Les étudiants logés par le CROUS (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) s'interrogent après la réception d'un message. A Poitiers, il leur est demandé de quitter leur logement d'ici le mercredi 18 mars. A Rennes, un courriel invite également au départ. 

"Nous incitons ceux d’entre vous qui le peuvent, à retourner au domicile familial. Il est recommandé aux étudiants internationaux qui le souhaitent de regagner leur pays dans les tous prochains jours," peut-on lire. Selon le courriel, les étudiants peuvent faire un choix définitif ou temporaire. "Si vous quittez votre logement de manière temporaire, et que vous laissez vos affaires à l’intérieur, alors le loyer mensuel sera dû en votre absence."

Le reste du message précise que si les étudiants restent, des mesures sont prises notamment pour assurer les règles d'hygiène nécessaires, face à la situation. "Les services du CROUS continueront à vous accompagner."

Jeanne Thomas, membre de Solidaires Etudiant.e.s à Rennes et étudiante élue au CROUS Bretagne se dit rassurée par le fait que les étudiants puissent rester car certains n'ont pas d'alternative.

"Ce qui nous pose question c'est, dans quelles conditions ? Il faudrait que le nettoyage soit renforcé. Mais cela pose aussi la question de la sécurité du personnel qui fait le ménage. Dans les résidences où la cuisine est commune, quelles mesures prendre ? Etablir un roulement pour éviter la présence de plusieurs personnes en même temps ? Ou alors reloger les étudiants de ces résidences dans les logements de ceux qui seraient partis ?" Jeanne essaie d'envisager des solutions, pas évidentes dans le contexte actuel. 

Au-delà de l'hébergement, les étudiants s'inquiètent aussi des aides d'urgence. "Elles pourraient ne pas être versées à cause des commissions qui ne peuvent pas avoir lieu. On ne sait pas non plus si les étudiants qui travaillent pour le CROUS vont continuer à être payés." 

Selon Anne Gohin, secrétaire régionale de la CGT CROUS, les contrats à l'heure sont stoppés ce 17 mars. "Pour ceux qui sont en contrat déterminé, le salaire est maintenu jusqu'à la fin du contrat."

Nous avons joint le CROUS Bretagne afin d'en savoir plus, notamment sur le fait d'inciter les gens à se déplacer alors qu'un confinement pourrait être décidé. Quid des étudiants étrangers qui eux pourraient se voir fermer la porte aux frontières? Ces décisions sont-elles des initiatives régionales ou nationales ? Le CROUS répond revenir vers nous.

Tous les campus sont actuellement fermés ainsi que les restaurants universitaires en Bretagne. 

Beaucoup de questions restent sans réponse ce lundi après-midi, quelques heures avant une nouvelle prise de parole d'Emmanuel Macron, prévue à 20 h. 

 
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