Coronavirus : "grand soulagement" pour les passagers des paquebots Zaandam et Rotterdam qui ont accosté en Floride

Publié le Mis à jour le
Écrit par V. Chopin avec l'AFP
Le MS Rotterdam et le MS Zaandam ont accosté peu avant minuit, heure française, dans le port d'Everglades (Fort Lauderdale) en Floride, le 2 avril 2020.
Le MS Rotterdam et le MS Zaandam ont accosté peu avant minuit, heure française, dans le port d'Everglades (Fort Lauderdale) en Floride, le 2 avril 2020. © CRISTOBAL HERRERA/EPA/Newscom/MaxPPP

Bientôt la fin du calvaire pour Jean-Yves et Maryannick Le Pavec, deux Bretons qui font partie des 105 passagers français dont la croisière a viré au cauchemar au large de l'Amérique du Sud. Après des jours d'errance, leurs navires ont fini par accoster cette nuit en Floride. 


"C'est une histoire de dingue !" Épuisé, Gurvan n'en revient pas... Depuis son logement de Melesse, en Ille-et-Vilaine, le jeune homme a passé une bonne partie de la nuit, à suivre les aventures de ses parents qui ont enfin accosté la nuit dernière aux États-Unis.

Leur bateau de croisière, le Zaandam, qui a erré durant des jours, rejeté par plusieurs pays d'Amérique latine parce qu'il transportait des passagers atteints du coronavirus, ainsi que le Rotterdam, qui lui était venu en aide, ont rejoint le quai à Port Everglass, non loin de Miami, jeudi soir en Floride.
 

Un grand soulagement


"Les garde-côtes, le département à la Sécurité intérieure, les responsables de la santé et le comté de Broward sont parvenus à la décision d'autoriser les navires de croisière Zaandam et (son adjoint) Rotterdam à accoster à Port Everglades" dans la région de Fort Lauderdale, avait annoncé plus tôt dans la journée sur Twitter le maire de cette ville, Dean Trantalis.

"C'est un grand soulagement, sourit Jean-Yves Le Pavec, joint par téléphone, en milieu de journée ce vendredi. Ce qui nous inquiétait tout particulièrement, c'était de contracter la maladie à bord, car il n'y avait rien pour se soigner" poursuit le Costarmoricain.
 
 

"Un vrai show à l'américaine"


"Ils sont entrés dans le port à 23h05 heure française, c'est à dire 17h pour eux, précise Gurvan, le fils de Jean-Yves et Maryannick Le Pavec qui a donc suivi tout le débarquement à la télévision... "Un vrai show à l'américaine, il y a avait trois hélicoptères, des caméras installées sur les immeubles alentour... Moi j'étais au téléphone avec mes parents pour leur expliquer ce qui défilait sur l'écran de ma télé !"

À bord du Rotterdam, le second paquebot venu en aide au Zaandam, Jean-Yves et Maryannick Le Pavec ne voient en effet pas de leur cabine située à l'opposé du quai, ce qui se passe de l'autre côté du paquebot. "C'était impressionnant, toutes ces images en direct, assez dingue ! Voir les gens qui débarquaient... et à peine débarqués, directement intubés... Quand on voit les images, on comprend ce qui se passe depuis le 22 mars à bord."

 
 

"On a notre sésame !"


Ses parents ont débarqué vers 18h30 (heure locale) du Rotterdam, bateau sur lequel ils avaient été transférés durant cette croisière à rebondissements, via une passerelle, pour passer un certain nombre de contrôles, administratifs mais aussi sanitaires, prise de température notamment...

"Au-délà de la symbolique, très forte, de les voir accoster, alors qu'ils sont refoulés de tous les ports depuis mi-mars, on avait encore une petite appréhension, poursuit Gurvan. Sa mère, ancienne infirmière, avait pris un thermomètre dans ses valises. "L'un comme l'autre ne présentait aucun symptômes, mais bon, on n'est jamais à l'abri !"

On comprend dès lors, le soulagement de toute la famille, quand dans la nuit, le téléphone de Gurvan a de nouveau vibré : "Mon père m'a envoyé une photo de la petite carte qu'il a obtenu à 2h36 heure française... Il avait son sésame ! raconte le fils la gorge serrée. "Un message fabuleux !"
 

Retour en France prévu samedi matin


La carte en question, certifie que ses parents sont autorisés à être débarqués. Ils vont pouvoir rentrer en France... En attendant, le couple a été prié de remonter à bord de leur bateau, où ils passent "une dernière nuit", carte en main, impatients, à l'idée de s'envoler bientôt vers la France. 

"Nous allons quitter le bateau, vers 14h30, pour prendre un vol à 18h et arriver à Roissy Charles de Gaulle à 18h10" précisait Jean-Yves le Pavec ce vendredi midi. De retour à Saint-Brieuc, lui et sa femme seront, comme tout le monde, confinés... "mais nous serons chez nous, et donc pas loin du 15 si besoin !" apprécie le Costarmorcain. "Nous sommes heureux de ne pas avoir été malades, heureux aussi de rentrer en France !"

D'ici là, il a encore des choses à régler. Gurvan qui anime un groupe Facebook communique beaucoup avec les autres proches concernés. Il attend avec impatience le retour de ses parents qui font donc partie des 105 Français qui étaient en croisière à bord du Zaandam. "Ce sera pour nous un mauvais souvenir, une coisière galère... Alors que ce devait être une croisière d'exception, à travers la Patagonie, les Terres australes et le Cap Horn..."

 

"Ils sont dans le pétrin", avait lancé Donald Trump


Le sort du Zaandam, qui transportait quatre morts à son bord, a fait l'objet de difficiles négociations en Floride. Le gouverneur de cet État, où résident de nombreux retraités, Ron DeSantis, s'était d'abord opposé à son arrivée, affirmant qu'il ne voulait pas se voir "refourguer" des malades qui épuiseraient les ressources locales face au Covid-19. Il a ensuite fait marche arrière, disant à la chaîne Fox News qu'il ne s'était pas rendu compte que des Américains se trouvaient à son bord. Et le président américain Donald Trump a reconnu la nécessité d'évacuer les passagers. "Nous devons aider les gens. Ils sont dans le pétrin", a-t-il lancé, annonçant par ailleurs que les Britanniques et les Canadiens parmi eux seraient évacués.

L'épidémiologiste Anthony Fauci, chargé de conseiller la Maison Blanche sur le coronavirus, a lui aussi pesé sur le sujet. "Il faut prendre soin des gens malades. On a juste l'obligation de le faire. Et le plus vite possible", a dit l'expert, en appelant à l'évacuation des personnes saines. 

Une sortie de crise s'était profilée jeudi matin : un responsable local, Michael Udine, avait indiqué sur Twitter qu'une commission avait approuvé de manière "conditionnelle" le plan de débarquement proposé par Carnival, propriétaire de la compagnie de croisières Holland America. La compagnie exploite le Zaandam et le Rotterdam, navire envoyé à sa rescousse avec notamment des vivres, du personnel et des tests de dépistage du Covid-19. Quelque 400 passagers sains ont été transférés du Zaandam vers le Rotterdam. 
 

14 passagers malades


Quatre personnes sont mortes sur le Zaandam. Les causes de leur décès n'ont pas été divulguées et depuis le 22 mars, 250 passagers et membres d'équipage ont eu des symptômes similaires à ceux de la grippe, selon la compagnie Holland America.

"Nous avons un hôpital qui a la capacité d'accueillir certaines des personnes gravement malades", a dit le gouverneur de Floride, Ron DeSantis, dont l'Etat compte plusieurs milliers de personnes atteintes du virus. Ces passagers très malades seraient 13 selon la compagnie, qui compte aussi un membre d'équipage nécessitant une prise en charge hospitalière.

Les deux navires transportent 1.250 passagers, dont des Américains et des Canadiens, et 1.186 membres d'équipage. Selon le plan de débarquement, environ 1.200 personnes qui ne sont pas malades, pourraient rentrer chez elles en avion. Elles seraient transportées dans des véhicules "désinfectés, avec des contacts limités entre personnes, et elles porteraient des masques", a expliqué Holland America mercredi.

"Les ressortissants étrangers seront transportés par bus vers l'aéroport, mais ils n'iront pas à l'intérieur de l'aéroport. Ils iront directement dans l'avion", a précisé M. DeSantis. D'après l'une des responsables du comté de Broward, Barbara Sharief, le débarquement des 1.200 personnes saines pourrait prendre jusqu'à quatre jours. 

Le Zaandam, qui a quitté Buenos Aires le 7 mars, devait finir son voyage au Chili le 21 mars, mais a dû changer de trajectoire à cause du virus.



 

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