VIDÉO. “Il faut que cette histoire se termine”, témoignage d'un Breton coincé à bord du Rotterdam en mer des Caraïbes

© Ivan PISARENKO / AFP
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"Il faut que ça se termine, et qu'on nous rapatrie!" Jean-Yves fait partie des 105 français dont la croisière a viré au cauchemar au large de l'Amérique du Sud après 4 décès et des cas de coronavirus. Désormais transféré sur un 2e paquebot, il ne sait toujours pas où et quand il va pouvoir accoster.

Par Gilles Le Morvan

Il y a du mieux mais leur calvaire n’est toujours pas terminé.

Partis début mars de Buenos Aires pour un croisière au large de l’Amérique du Sud, 1800 passagers dont 105 Français vivent depuis 15 jours maintenant un véritable cauchemar. 

Confinés le 22 mars sur leur premier paquebot Le Zaandam après l’apparition à bord d’états grippaux "indéterminés", ils ont appris le 27 mars que quatre décès et deux cas de Covid-19 avaient été constatés. Avec impossibilité pour le bateau d’accoster dans des ports des pays environnants. 

Ce week-end, précarité sanitaire oblige, des transferts vers un deuxième paquebot ont été effectués "pour mettre à l'abri" les passagers ne présentant pas de symptômes. 87 Francais dont plusieurs Bretons ont ainsi pu trouver refuge sur le Rotterdam. C'est notamment le cas de Jean-Yves et Maryannick Le Pavec. 
 
Transferts entre le Zaandam et le Rotterdam le 28 mars 2020 / © Ivan PISARENKO / AFP
Transferts entre le Zaandam et le Rotterdam le 28 mars 2020 / © Ivan PISARENKO / AFP


"On a enfin franchi le Canal de Panama. Mais maintenant on va où ?" 


Après de très longues tractations, les deux paquebots ont enfin pu la nuit dernière franchir le canal de Panama, et accéder à la mer des Caraibes. Mais nos passagers bretons ne savent toujours où et quand ils vont pouvoir débarquer. 

"Il faudrait absolument que cette histoire se termine" confie Jean-Yves le Pavec que nous avons joint dans le confinement de sa cabine.

Il aimerait que la Floride permette enfin aux deux paquebots d’accoster, et que "la France organise ensuite rapidement un rapatriement sanitaire. Qu'on ne nous mette pas en quarantaine sur le sol américain."

 


En France, les familles des passagers coincés se mobilisent


Depuis la Bretagne, le fils de Jean-Yves Le Pavec suit la situation heure par heure.

Il a créé un groupe sur Facebook pour partager les infos dont il dispose avec les familles des autres Français coincés à bord des deux paquebots.

"On essaie de se serrer les coudes dans cette épreuve, raconte Gurvan Le Pavec. Ça dure depuis le 15 mars, c'est interminable, stressant, mais le Ministère des Affaires étrangères suit, nous dit-on, le dossier de très près. On espère que la fin du calvaire est pour bientôt.

Dans un tweet publié tard dimanche soir, Jean Yves Le Drian faisait part de "sa pleine mobilisation " .

 


Une autre passagère bretonne était rentrée avant le confinement 


Pendant que le Rotterdam et le Zaandam cherchent un port refuge en Floride, une autre bretonne suit l'évolution de la situation avec beaucoup d'anxiété. 

Marilou habite Chartres de Bretagne, près de Rennes. Elle a participé au début de la croisière, embarqué avec son mari à Buenos-Aires, visité Montévideo, les Iles Malouines etc. Mais elle a dû débarquer avant que le confinement ne soit décrété. 

"Quand en Amérique du Sud, les ports ont commencé les uns après les autres à refuser l'accès au paquebot, pour se protéger d'éventuelles contaminations, on nous a expliqué que le voyage allait durer plus longtemps que prévu. Et je me suis retrouvée en panne de certains médicaments que je dois prendre absolument, pour un traitement qui n'a rien à voir avec le Covid-19." 

"Il fallait que je rentre. Un rapatriement sanitaire a été organisé grâce au consulat, j'ai pu débarquer à Valparaiso le 20 mars, et rentrer en Bretagne. Deux jours après, mon mari se retrouvait confiné." 
 

Contente d'être rentrée, inquiète pour son mari    


"J'ai des nouvelles de mon mari tous les jours", raconte Marilou. 

"Il me dit qu'à bord, la solidarité est immense entre les passagers. C'est important parce que si certains comme lui ont de la chance d'avoir un hublot, ou une terrasse, ce n'est pas le cas de tout le monde. Le fait de communiquer entre eux leur remonte le moral".  


"Pour l'instant, il tient le coup, c'est un solide. Mais il n'a qu'une envie, c'est que cette vilaine histoire s'arrête. Qu'il puisse rentrer avec les autres en bonne santé. Je serai rassurée quand il sera revenu à mes côtés."  



 
 

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