Agriculture : la bataille du foncier a commencé !

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Installer des jeunes agriculteurs et de nouveaux profils pour créer des fermes familiales et développer l'agriculture biologique : voilà l'objectif de l'Etat et de la Région Bretagne. Pour y parvenir, les conseillers de la SAFER accompagne les candidats. Portraits croisés signés Romuald Bonnant, Thierry Bouilly et Hervé Tiercelin ©Romuald Bonnant et Thierry Bouilly / FTV

La Bretagne est l’une des régions les plus consommatrices d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Entre 2011 et 2021, 18.000 hectares ont été mobilisés, les trois quarts pour l’habitat. Pour les jeunes agriculteurs, c’est un problème. Les terres à disposition étant rares, elles sont convoitées par des holdings. Difficile pour eux de s'installer. Le magazine Enquêtes de Région fait le point sur cette bataille du foncier.

D'ici à 10 ans, 1 agriculteur sur 2 partira à la retraite. Pour compenser ces départs, la Région Bretagne s’est fixé pour objectif de parvenir à 1000 installations aidées par an d'ici à 2028.

Mais les terres disponibles sont rares et très convoitées.

Pour les jeunes et les nouveaux entrants dans le milieu agricole, trouver du foncier relève du défi. C’est ce qu’a vécu Karine Jégou, éleveuse de chèvres dans les Côtes-d’Armor.

Une terre à tout prix ...

« Il y a beaucoup de pression foncière. Ceux qui sont déjà installés, quand il y a des terres qui se libèrent, ils vont les vouloir pour s’agrandir ou parfois pour installer leurs enfants. Quand on vient d’un milieu extérieur, c’est encore plus compliqué. »

À 50 ans, cette ancienne assistante de direction, sans aucune famille dans le milieu agricole, s’est reconvertie en créant sa chèvrerie bio de 60 têtes.

Cette nouvelle agricultrice n’avait pas de terres familiales. Elle a aussi dû trouver un bâtiment viable pour son troupeau et la fabrication de fromages. Son installation n’aurait pas été possible sans la SAFER, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural. C’est Nicolas Le Gonidec, conseiller technique à la SAFER Bretagne, qui l’a accompagnée.

« Le bien que Karine Jégou occupe était atypique, beaucoup de bâtiment et très peu de surface. Donc, impossible pour du lait. Les terres sont rocailleuses, donc pour de l’agriculture, c’était compliqué, mais le projet de Mme Jégou correspondait bien à ce bien-là. »

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Pierre Le Moal a, lui aussi, bénéficié du soutien de la SAFER Bretagne. À 27 ans, Pierre est fils, petit-fils et arrière-petit-fils d’agriculteurs. Depuis un an et demi, il s’est installé dans les Côtes-d’Armor en lait bio, mais avec ses parents.

« Mon projet de base, c’était de m’installer seul, de faire de la vache allaitante en bio et de la vente directe. Après quelques études économiques, on s’est rendu compte que cela ne pouvait pas le faire. Financièrement, je n’aurais pas pu racheter tout. »

... mais une terre au prix juste

Dans le cas de Pierre Le Moal, il a fallu donner du temps au jeune éleveur pour s’installer et aussi trouver des terres supplémentaires à un prix raisonnable. Impossible là aussi sans l’appui de la SAFER Bretagne.

« La SAFER, explique Michel Divanac’h, conseiller technique à la SAFER Bretagne, achète et garde en stock les terres, elle reste propriétaire et les loue provisoirement à un agriculteur dans l’attente de revendre au jeune 6 mois, 1 an, 1 an et demi après. ».

Un dispositif dont Pierre Le Moal a pu bénéficier : « La SAFER a aussi permis de maintenir un prix correct, car en ce moment le prix de la terre continue de monter et cela devient un problème. La SAFER m’a permis d’avoir un prix juste et normal. »

Karine, Pierre… Deux visages de l’agriculture qui correspondent aux nouvelles priorités de l’État et de la Région Bretagne : installer des jeunes et des nouveaux profils pour créer des fermes familiales si possible en biologique.

Retrouvez le magazine Enquêtes de région «  La bataille du foncier a commencé ! », en partenariat avec Splann !, le média d'investigation breton.

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