Circuit d’été à Pontrieux : visite au fil de l’eau de la petite Venise du Trégor avec Jacques Jacopin

La Bretagne regorge de trésors, de sites à découvrir et qui mieux que ceux qui y vivent pour nous servir de guide ? À Pontrieux, Charles Jacopin est membre de l’association "Nos Lavoirs". Celle que l’on surnomme la petite "Venise" du Trégor en compte 50 qui font la fierté de la cité.

A la barre, Charles Jacopin guide pour l'association "Nos Lavoirs".
A la barre, Charles Jacopin guide pour l'association "Nos Lavoirs". © Association "Nos Lavoirs"
Au Moyen-âge, au début du 15e siècle, à un petit kilomètre en amont de Pontrieux, se dressaient une forteresse, le château de Châteaulin-sur-Trieux. En temps de guerre, les habitants des maisons construites au pied des remparts pouvaient s’y réfugier. Mais un jour, le château a été pris d’assaut, tout a été rasé, après quoi les survivants sont descendus s’installer un peu plus bas, de part et d’autre d’un pont placé sur le Trieux, sur la route qui relie Ploëzal à Quemper-Guézennec. Ainsi est né la petite ville de Pontrieux

Petite cité de caractère, son histoire, ses maisons à pans de bois, de pierres de taille, sa fontaine du XVIIIe siècle et la maison du XVIe siècle surnommée la "Tour Eiffel", attirent chaque année des milliers de visiteurs. 
 
De hautes maisons à colombages ou en pierre de taille témoignent du riche passé de Pontrieux.
De hautes maisons à colombages ou en pierre de taille témoignent du riche passé de Pontrieux. © Association "Nos Lavoirs"


Mais plus encore, ce qui fait la particularité, la renommée de Pontrieux, ce sont ses anciens lavoirs qui bordent le Trieux. Et pour les découvrir, pour découvrir la cité, l’association "Nos lavoirs" vous invite à embarquer sur l’une de ses barques électriques. Notre guide, aujourd’hui, en est le co-président. Charles Jacopin raconte.
 

Un peu d’histoire

 
Un village construit sur les deux rives du Trieux.
Un village construit sur les deux rives du Trieux. © Association "Nos lavoirs"

"Pontrieux a été une cité relativement prospère jusqu’au début du 20e siècle. Cette prospérité, elle le devait au fait que Pontrieux, situé en fond d’estuaire, était le seul endroit où l’on pouvait passer à pied sec d’une rive à l’autre du Trieux grâce à son pont. Donc toutes les personnes, les marchandises, les animaux, qui venaient du Trégor vers le Guello ou du Guello vers le Trégor, devaient passer sur ce pont, et à chaque fois, il fallait mettre la main au porte-monnaie pour payer l’octroi." 

"Pontrieux était également considérée, et l’est encore aujourd’hui, comme le port de la ville de Guingamp. Beaucoup de bateaux venaient y décharger leurs marchandises qui étaient ensuite acheminées jusqu’à Guingamp par charrette tirée par des chevaux, ou des bœufs."

 

La cité aux 50 lavoirs

 
En été, fleurs et mannequins-lavandières redonnent vie aux lavoirs.
En été, fleurs et mannequins-lavandières redonnent vie aux lavoirs. © Marjorie Baron


"Une autre source de richesse était la culture du lin. De 1840 à 1950, elle était très développée dans les Côtes d’Armor. Dans les fermes, on embauchait beaucoup pour filer. Et à Pontrieux se sont installés, dans de belles maisons, des commerçants, des armateurs, des tailleurs. Mais leurs épouses ne voulaient pas que leurs laveuses lavent leur linge dans des lavoirs publics. Il ne fallait pas mélanger son beau linge avec ceux des ouvriers. Elles ont donc demandé à leurs maris d’en construire un. Ainsi, chaque maison bourgeoise avait au bout du jardin, au bord de l’eau, son propre lavoir."

"Aujourd’hui, il y a à Pontrieux 50 lavoirs qui excepté trois ou quatre sont tous privés. Cela veut dire que si vous ne connaissez pas les propriétaires, le seul moyen de les voir, c’est une promenade en barque."

 

L’association « Nos Lavoirs »

 
Balades au cœur de la cité en bateau électrique.
Balades au cœur de la cité en bateau électrique. © Association "Nos lavoirs"

"Dans les années 60, 70, avec l’arrivée de la machine à laver le linge les lavoirs ont été quasiment oubliés et la nature reprenant ses droits, des toits, des bouts de mur ont commencé à tomber. Quelques propriétaires se sont dit que c’était quand même dommage de laisser ce patrimoine se dégrader. En 1991, ils ont donc décidé de créer l’association des lavoirs." 

"Dans un premier temps, l’association a obtenu quelques subventions qui ont permis de retaper les lavoirs endommagés. Aujourd’hui, tous ces lavoirs sont entretenus, fleuris, embellis, et les berges nettoyées par les bénévoles qui ne sont plus seulement des propriétaires. C’est mon cas, et je n’habite même pas Pontrieux, mais Ploézal, juste à côté. Quand il y a des petits travaux à faire, on aide toujours les propriétaires. Et du mois de mai, à la fin septembre, on organise des balades en barque électrique pour les faire découvrir. Et tous les 15 août, la fête des lavoirs."
 

Le défilé des laveuses

 
Chaque année, plus de 5000 personnes participent à la fête de laveuses.
Chaque année, plus de 5000 personnes participent à la fête de laveuses. © Association "Nos lavoirs"

"C’est le point d’orgue de la fête des lavoirs qui attire chaque année des milliers de personnes. Des laveuses font tout le tour de la ville accompagnées de bagad, de pipe band, de cercles celtiques. Pour beaucoup, ici, cela rappelle des souvenirs. Certaines de ces laveuses portent des vêtements récupérés de leurs grands-mères, d’autres les ont fabriqués elles-mêmes. Après le défilé, la fête se poursuit en musique sur le parking de la passerelle et se termine par un feu d’artifice." 
 

Le château de la Roche Jagu

 
Surplombant l’estuaire du Trieux, le château de la Roche-Jagu en assurait autrefois le contrôle et la défense.
Surplombant l’estuaire du Trieux, le château de la Roche-Jagu en assurait autrefois le contrôle et la défense. © Association "Nos lavoirs"

"Quand on vient à Pontrieux, difficile d’échapper à une visite du château de la Roche Jagu. C’est un domaine départemental. Cette photo a été prise à partir du Trieux. C’était le jour d’une croisière sur une vedette à Bréhat. C’est vraiment un superbe ensemble, étendu sur 60 hectares, ouvert toute l’année. Il y a un très beau jardin de plantes médicinales, une allée des camélias. Au printemps, quand tout est en fleur, c’est vraiment magnifique. Au pied du château, une calle qui permet aux bateaux de déposer les passagers, avec une palmeraie. Quand il y a du soleil, on a l’impression de ne plus être en Bretagne. C’est vraiment magnifique. Et bien sûr, il y a la visite du château, avec tous les ans, pendant toute la période estivale, des expositions, des petits concerts." 

"Depuis la cours du château, on a un point de vue magnifique sur la vallée du Trieux. Avec en face de vous les bois de l’enfer que traverse la ligne de chemin de fer Guingamp-Pontrieux-Paimpol et son train à vapeur. quand il passe, on peut voir la fumée. On se croirait dans un film."
 
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