Dinan : l'exposition “Parcours” des photos pour raconter l'exil et les premiers pas d'une nouvelle vie

Une des photographies de Jean-Michel Wiedenkeller à découvrir pendant l'exposition "Parcours" / © Jean-Michel Wiedenkeller
Une des photographies de Jean-Michel Wiedenkeller à découvrir pendant l'exposition "Parcours" / © Jean-Michel Wiedenkeller

Le photographe Jean-Michel Wiedenkeller a suivi les demandeurs d'asile du centre d'hébergement de Dinan dans leur installation et dans les premiers pas de leur nouvelle vie. Ils ont souvent connu l'horreur, et tentent d'inventer un nouvel aujourd'hui. 
 

Par Thierry Bréhier


Ces réfugiés, d’Afghanistan, de Syrie ou d’Irak, Jean-Michel Wiedenkeller les a rencontrés à leur arrivée aux alentours de Dinan, où ils commencent une nouvelle vie.

C'est ce moment qui a intéressé le photographe, quand les exilés doivent dire adieu au passé et s'inventer un avenir dans un univers à découvrir, avec une simple marée qui monte, ou un tissu inconnu, effleuré par un nouveau-né.

À un moment, on prend son courage à deux mains, on prend ses enfants, on prend le peu qu'on a et on traverse la mer. On s'en va. Jean-Michel Wiedenkeller

Les réfugiés vont apprendre une nouvelle langue, de nouvelles coutumes. Ils vont construire un nouveau présent, souvent fait au début de démarches, qui sont autant de bornes dans un quotidien qui n’est pas encore le leur. Certains tentent de faire valoir leur ancien métier, même si pour cause de non-équivalence de diplômes, un architecte peut être contraint d’œuvrer comme maçon. C’est peut-être plus simple pour les enfants, moins marqués par le souvenir des jours anciens, et pour qui jouer ici ou là revient au même.

Alors pour apprendre, il y a tous ces gestes à transposer, un mur à escalader ou un dessin à reproduire ; il y a l'omniprésent téléphone, pour les démarches, comme pour maintenir le lien avec des proches, trop éloignés.

Que ça aille ou pas ce jour-là, les modèles ont confié le naturel de leur vie à l'objectif, et s'y sont retrouvés.
 

Comme le dit l'un des réfugiés, une photo ne peut remplir ni un dossier administratif, ni un estomac, mais elle peut aider à faire connaître et comprendre ; les jeux de lumière sont là pour estomper, ou transfigurer l'exil.

Jean-Michel Wiedenkeller, auparavant scénographe, metteur en scène, enseignant, s’est infiltré dans la vie de ces exilés en s’y faisant accepter au naturel. Le photographe envisage pour la suite la création d’une maison d’édition au cœur de Dinan. Exposition à voir à la bibliothèque de Dinan jusqu’au 27 février.
 

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