Cette semaine, direction le pays de Châtelaudren, dans les Côtes d’Armor. Un territoire ancré entre deux villes, Guingamp et Saint-Brieuc, traversé par la RN 12. Et parfois méconnu. Saviez-vous que c'est ici que fut imprimé le premier magazine féminin? Saviez-vous que le café le Cellier à Boquého a accueilli plus de 700 groupes de musique depuis sa création? Et connaissez-vous la Récréation, ce gîte ouvert dans l'ancienne école privée de Châtelaudren? 

Le Petit Echo de la Mode et ses fameux patrons-modèles

C’est à Châtelaudren que fut conçu et imprimé pendant des décennies le Petit écho de la Mode, le plus célèbre magazine de mode féminin de la première moitié du 20è siècle. De cette époque, il reste de nombreux souvenirs et le bâtiment de l’ancienne imprimerie. C’est aujourd’hui le pôle de développement culturel et touristique du pays. Il a été réhabilité en 2015.

Des traces du passé dans le nouveau bâtiment 


D’anciennes machines sont entreposées à l’entrée de la salle de spectacle, elles nous invitent au voyage dans le temps. L’imprimerie du Petit écho de la mode s’est installée à Châtelaudren en 1923. Le propriétaire de l’époque est costarmoricain, il veut faire imprimer son magazine loin de Paris et rachète une papeterie. Jusqu’à 250 personnes travaillent ici, la petite ville des Côtes du Nord vit au rythme de l’imprimerie. Nous avons rencontré André et Alain. Ils ont connu l’imprimerie à deux époques bien différentes. André est entré dans l’usine en 1940, il avait 14 ans et s’occupait de la photogravure.  A l’époque, le magazine tire à un million et demi d’exemplaires. Un succès fou qui s’explique par une idée géniale. Les patrons-modèles en papier de soie, insérés dans le magazine. Ils permettent de copier la mode de Paris et d’habiller toute la famille.


Les ouvrières plieuses du Petit écho de la mode pliaient environ 2000 patrons modèles par jour / © France 3 Bretagne
Les ouvrières plieuses du Petit écho de la mode pliaient environ 2000 patrons modèles par jour / © France 3 Bretagne


C'est aujourd'hui le pôle touristique et culturel du pays de Châtelaudren


Depuis la fermeture, la musique des instruments a remplacé celle des machines. Le Petit écho est devenu une Ecole de musique, de théâtre, de danse… Il accueille aussi l’office de tourisme.


Le premier magazine féminin fut imprimé à Châtelaudren

Quant au Petit Echo, le magazine qui a marqué des générations de femmes, les idées ne manquent pas pour qu’il ne tombe pas dans l’oubli. Parmi elles, celle du directeur du Pôle Jean-Marc Imbert.

Pourquoi pas faire du Petit écho, une marque de vêtements


 A voir le nombre de friperies se développer en ville et le retour depuis quelques années du vintage, certains patrons modèles du magazine résonnent avec la mode d’aujourd’hui.

Une zone dynamique grâce à la proximité de la RN 12

Direction à présent la RN 12. La construction de cette 2X2 voies a transformé le paysage breton. Elle a aussi permis le désenclavement de la région, c’était une volonté politique venue du plus haut de l’Etat. Souvenez-vous le discours de Quimper du général de Gaulle, le 2 février 1969. Le président annonce ses ambitions pour la Bretagne et notamment le plan routier. Et 7 ans plus tard, en 1976, la deux fois deux voies entre Guingamp et Châtelaudren est ouverte à la circulation.

Depuis ce jour, les camions ne traversent plus Châtelaudren, et les riverains ne s'en plaignent pas. La commune située à un kilomètre de la RN 12 est bien desservie. Elle a aussi vu se multiplier des zones industrielles et commerciales aux abords des échangeurs.

Rousseau aménagement / © S.Salliou
Rousseau aménagement / © S.Salliou

Nous avons poussé les portes d’une de ces entreprises


Rousseau aménagement, elle est située à Lanrodec. C’est l’un des quatre fabricants français de barrières de sécurité destinées aux ponts et viaducs sur les routes et les voies de chemin de fer. L’usine a été créée il y a 40 ans. Depuis, les normes de sécurité routière et les conditions de fabrication ont évolué. Aujourd’hui, des robots ultra modernes découpent et soudent d’immenses plaques d’acier.  Les 40 salariés programment et vérifient le travail des robots. Ensuite, ils installent leurs produits finis dans tout l’hexagone.

On voit nos produits un peu partout


Le directeur de Rousseau aménagement Ludovic Corvol explique que l'entreprise des Côtes d’Armor travaille pour le compte de grands noms du BTP, comme Eiffage, Bouygues, Vinci. Elle a des chantiers en Océanie, en Afrique, au Moyen Orient et en Europe de l’Est, elle espère développer ses marchés à l’international.

Châtelaudren, une ville au bord de la RN 12

Sur le bord de la RN 12, entre Guingamp et Saint-Brieuc, il y a aussi trois restos routiers


Parmi eux, le Triskel, on voit son enseigne depuis la voie express. Des dizaines de camions sont stationnés sur le grand parking, à l’heure du repas, le midi comme le soir. Ce resto ouvert depuis 1985, sert plus de 150 repas par jour à des routiers, des artisans ou des VRP qui ont peu de temps pour manger. La maison a bonne réputation, les patrons, Sandrine et Davy sont sympas de l’avis de tous les clients interrogés et la nourriture est fraîche et appréciée. Les frites- maison par exemple, c’est LA marque de fabrique du routier.

Le resto est ouvert entre 5 h du matin et minuit du lundi au vendredi. Les deux serveuses sont là depuis 30 ans pour l’une et 10 ans pour l’autre. A croire qu’elles s’y sentent bien, aussi.

Des habitants qui aiment leur territoire

Lors de notre découverte du pays de Châtelaudren, nous avons rencontré des habitants attachés à leur territoire. Certains sont restés ici, d’autres ont tout quitté pour s’y installer et monter des projets fous. C’est le cas de Caroline et Marc. Caroline a été enseignante toute sa vie. Elle a tellement aimé son métier qu’au moment de partir à la retraite, elle ne se voyait pas quitter l’école. Alors Marc lui a proposé de chercher une école abandonnée et de la transformer en chambres d’hôtes.

Quand je suis rentrée dans l'école, j'ai su que c'était la bonne

Quand ils visitent l’école Sainte-Anne pour la première fois, Caroline a un coup de cœur, la façade lui plaît tant qu’elle ne mesure pas l’ampleur des travaux à réaliser. L’école est désaffectée, les derniers élèves sont partis depuis plus de 5 ans.
Il a fallu deux de travaux acharnés et beaucoup d’imagination pour lui redonner vie et créer la Récréation, ces chambres d’hôtes à l’atmosphère de l’école d’autrefois. A chaque chambre, une thématique : histoire, musique, morale ou géographie. Les cinq chambres d’hôtes sont ouvertes depuis 3 ans, deux gites seront aussi disponibles cet été.  Et les clients sont séduits. Caroline a réalisé son rêve. La maîtresse d’école est devenue maîtresse de maison d’hôtes dans une école.

Châtelaudren (22): ces habitants qui font bouger leur commune


Direction Boquého, au Sud de Guingamp. Seules les lumières du café le Cellier éclairent le bourg. Jean Jacques est derrière le bar depuis 27 ans.
Dans une autre vie, le patron a été enseignant. Jusqu'au jour où il en a eu assez de l’éducation nationale, il a ouvert ce bar pour faire vivre son pays.
Depuis l’ouverture, 700 groupes de musique sont venus jouer ici, de William Sheller en passant par les hurlements de Léo ou Debout sur le Zinc.
Au fil du temps, le Cellier est devenu la maison de la culture locale réputée dans la région.


Le Cellier, café à Boquého (22) / © S.Salliou
Le Cellier, café à Boquého (22) / © S.Salliou



 

Mieux vivre ensemble

Une initiative est menée depuis quelques années sur le territoire de Leff Armor Communauté pour vaincre l'isolement de certains habitants. Ce sont des visiteurs à domicile bénévoles qui rendent visite régulièrement aux personnes isolées.

Ils sont 16 visiteurs et sont guidés par une psychologue, Aurélie Ménanteau. Car la tâche n'est pas toujours aisée, leur rôle est bien défini, ils ne sont pas psychologues, infirmiers ou aide-ménagères. Ils sont là pour écouter et partager un moment avec les personnes qu'ils visitent.

Les visites s'effectuent généralement l'après-midi, une fois tous les 15 jours, deux mardis sur trois... Concrètement, les personnes âgées qui souhaitent bénéficier de la visite d’un bénévole peuvent contacter le réseau et après une visite de la psychologue, elles pourront être mises en relation avec un bénévole qui viendra les voir.


Initiatives pour mieux vivre dans le Sud du Pays Goëlo

Si vous voulez être visité ou devenir visiteur, contactez Leff Armor Communauté, tél. 02 96 70 17 04