Côtes-d'Armor : un éleveur laitier dépose plainte contre la coopérative Triskalia

Une des vaches mal en point du cheptel de l'éleveur dont l'alimentation animale a été contaminée par Triskalia - 30/08/2018 / © France 3 Bretagne - S. Labrousse
Une des vaches mal en point du cheptel de l'éleveur dont l'alimentation animale a été contaminée par Triskalia - 30/08/2018 / © France 3 Bretagne - S. Labrousse

Suite à une erreur de livraison d'aliments pour ses vaches par la coopérative Triskalia, un éleveur laitier costarmoricain a eu son cheptel contaminé par des antibiotiques destinés à des lapins. Triskalia reconnaît l'erreur mais minimise les conséquences. L'éleveur a déposé plainte.

Par Thierry Peigné


Début août, Christophe Thomas, un éleveur de bovins de Moustéru, près de Guingamp, dans les Côtes-d’Armor, a déposé plainte contre la coopérative Triskalia, celle qui lui livre les aliments pour ses animaux et collecte son lait. Une procédure engagée suite à la présence d'antibiotiques pour lapins présents dans la nourriture pour ses vaches.
 

Une erreur de livraison au départ

Le 21 mars dernier, la coopérative agricole livre à cet agriculteur 2,4 tonnes d'aliment pour ses 240 bovins dont 80 vaches laitières. Deux jours plus tard, l'éleveur prévient Triskalia que parmi les aliments se trouvent des granulés de couleur différente. Il s'avère que c'est de l'alimentation pour lapins, que les bovins auraient donc mangé.

Selon Triskalia, de multiples mesures sont rapidement prises telles que la collecte de tout l'aliment (2,7 tonnes) contenu dans le silo, la suspension immédiate de la collecte de lait ainsi que des analyses du lait et de l'aliment pour rechercher des antibiotiques. Toujours selon la coopérative, les analyses démontreraient la présence de 3 antibiotiques provenant de l'aliment pour lapins convoyé dans le même camion.
 

Des antibiotiques interdits pour les bovins

Or, selon l'éleveur, ses propres analyses réalisées sous contrôle d'huissier dans un laboratoire différent de celui de la coopérative, révéleraient la présence de 6 antibiotiques dont certains ne devraient même pas se trouver dans l'aliment pour lapins. Deux sont formellement  interdits pour les bovins.

Les services de l'Etat n'ont été prévenus de cette contamination que le 21 juin.
 

Des bovins en mauvais état

Suite à cet incident, l'éleveur a constaté via un vétérinaire qu'une partie de son cheptel de vaches laitières avait des soucis de santé. Une quarantaine de bovins sont encore malades, six sont morts et cinq pouraient être euthanasiés prochainement, selon l'éleveur. 

Pour Maitre François Lafforgue, avocat de l'éleveur, "La santé des bovins a été altérée. Les comptes-rendus sont très préoccupants concernant la santé des animaux de cette ferme. De même, la santé de la famille a été altérée dont celle de Christophe Thomas."
 

Des questions sans réponses

Pour l'avocat cette affaire pose plusieurs questions : "On est là pour demander des réponses à des interrogations. Pourquoi Triskalia n’a-t-elle pas signalé immédiatement l’incident aux autorités? Pourquoi a-t-elle limité la recherche des antibiotiques dans les aliments ? Quelles consignes, si consignes il y a, ont été données au laboratoire par Triskalia ? Pourquoi d’autres produits ont ils été découverts que ceux normalement présents dans l’aliment pour lapins ? ..."

Épaulé par le Collectif de soutien aux victimes de Triskalia, Christophe Thomas a déposé sa plainte au pénal le 3 août, concernant neuf infractions, allant de la mise en danger de la vie d'autrui à la tromperie caractérisée. Il attend qu'une enquête préliminaire soit ouverte.
 

 

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