Guingamp : la maternité fermera au 31 janvier 2019

La manifestation du 5 mai 2018 pour le maintien de la maternité de Guingamp avait rassemblé près d'un millier de personnes / © France 3 Bretagne - M.A. Mouchère
La manifestation du 5 mai 2018 pour le maintien de la maternité de Guingamp avait rassemblé près d'un millier de personnes / © France 3 Bretagne - M.A. Mouchère

Ce mardi 22 mai, la fermeture redoutée de la maternité a été officialisée par l'Agence régionale de santé (ARS). A Guingamp, les élus s'indignent de cette décision, s'estimant trompés par l'ARS.

Par Thierry Peigné


C'est sur Twitter ce mardi midi qu'Annie Le Houérou, présidente du conseil de surveillance de l’hôpital de Guingamp, a annoncé la décision de l'ARS : la fermeture de la maternité, à compter du 31 janvier 2019. Une décision inadmissible et injuste pour l'ancienne maire de Guingamp et ex-députée de la circonscription.


Création d'un centre périnatal

L'ARS a fait parvenir un communiqué de presse peu après 17h, détaillant la "nouvelle nouvelle organisation de la prise en charge des naissances pour le territoire de Guingamp au 1er février 2019"

Depuis vendredi dernier, la décision de fermeture semblait inéluctable, la CSOS (Commission spécialisée de l’organisation des soins) ayant rendu un avis défavorable sur le renouvellement de l’autorisation de la maternité de Guingamp.

Dans son communiqué, l'ARS explique que "le centre hospitalier de Guingamp assurera le suivi de la femme enceinte comme la surveillance de la mère et de l'enfant au sein d'un centre de périnatalité. A compter du 1er février 2019, les accouchements seront pris en charge dans les maternités environnantes" dans le cadre du groupement hospitalier de territoire (GHT) d'Armor (Saint-Brieuc/Guingamp/Lannion/Paimpol/Tréguier/Lamballe/Quintin).

Un centre périnatal sera ainsi créé au centre hospitalier de Guingamp. "Il permettra le suivi pré et post natal des mamans et des nouveau-nés relevant du bassin de vie de Guingamp".

L'ARS justifie cette nouvelle organisation par des "enjeux de sécurité pour les prises en charge". Elle s'appuie sur la nécessité d'avoir des pédiatres et anesthésistes en nombre suffisant pour le "bon fonctionnement" de la maternité, professions médicales dont il semble difficile de trouver des spécialistes pérennes sur Guingamp selon l'ARS.

L'ARS précise également que "l’hôpital de Guingamp va renforcer sa place dans le territoire en développant certaines activités déjà existantes et en mettant en place des activités cliniques nouvelles. Sont ainsi en projet la chirurgie du sein, la chirurgie ophtalmologique, les soins de suite et de réadaptation et l’addictologie".


"On nous a trompés", Vincent Le Meaux

Pour Vincent Le Meaux, président de Guingamp Paimpol Armor Argoat agglomération (GP3A), la population et les élus sont face à des décisions "prises dans des cercles très fermés". "Tout a été fait pour nous cacher la décision et nous tromper. Il n'y a pas eu de rencontre avec l'ARS malgré la demande des élus". L'élu estime que les nouvelles activités qui devraient être développées ne sont que "des services de compensation".

Et de rajouter que les élus locaux ont été floués : "Le comité médical de Saint-Brieuc ne veut plus mettre de pédiatre à Guingamp alors que c'était le cas depuis 20 ans". Et de finir : "la maternité c'était jusqu'à ce jour 500 naissances environ par an". "Il faudra maintenant que les futures mères de famille fassent 40 minutes de route pour aller accoucher".
 

Mobilisation samedi 26 mai

Vincent Le Meaux en appelle à une nouvelle mobilisation ce samedi 26 mai à 11 h, sur le parvis de la mairie de Guingamp, pour protester contre la décision de l'Agence régionale de santé. 

Le samedi 5 mai, près d'un milliers de personnes avait défilé dans les rues de Guingamp pour s'opposer à une éventuelle fermeture de l'établissement.

 

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