Réforme des retraites. "Avec nos chasubles, on était beaucoup plus visibles" : trois militants CGT condamnés à Guingamp

Ce vendredi 12 janvier 2024, trois militants ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis et 150 euros d'amende par le tribunal de Guingamp. Ils étaient jugés pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

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Ce vendredi 12 janvier 2024 au matin, devant le tribunal de Guingamp, les drapeaux étaient nombreux en soutien à trois militants syndicaux. Ils étaient jugés pour violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, c'est-à-dire pour des jets de poubelle sur des forces de l'ordre, lors de la manifestation du 28 mars 2023 contre la réforme des retraites. 

"On est souvent attaqués en tant que militants"

Les trois prévenus entrent dans le tribunal sous les "Libérez nos camarades" scandés par les nombreux militants rassemblés là. Parmi eux, Thierry Perennes, membre de l'union locale CGT de Guingamp et "militant depuis plus de 50 ans à Guingamp" : "Il y a eu jusqu'à 5 000 manifestants à Guingamp, et le 28 mars 2023, sur 2 000 manifestants, on prend trois personnes de la CGT au hasard. On va frapper les syndicalistes pour qu'ils se taisent. On organise la mobilisation, donc il faut nous faire payer la facture." 

Le 28 mars 2023 marquait la dixième journée de manifestation contre la réforme des retraites, quelques jours après son adoption au 49.3, 1 500 personnes étaient alors rassemblées dans les rues de Guingamp. 

Avec nos chasubles CGT, on était beaucoup plus visibles, et il fallait peut-être donner un exemple.

Gilles Rumen

Militant CGT

Les trois militants ont eu une peine de trois mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende chacun. Gilles Rumen, militant CGT, se dit "content du verdict parce que j’aurais pu avoir beaucoup plus. On est des militants, une action sur les retraites. Il y a eu un débordement mais dans l'ensemble, on fait des actions pour la société, mais on n’est pas violents."

Il ajoute : "Avec le 49.3, la colère, l’effet de masse, on a été emporté par ce jet de poubelle sans intention de faire du mal aux autorités."

Céline Pasquet accepte elle aussi le verdict : "Je trouve ça un peu haut comme jugement, j’ai fait une bêtise, j’assume, c’est tout. C’est correct, j’aurais pu avoir plus."

La militante confie qu'elle va "arrêter les bêtises". Elle sera sans doute présente dans la rue lors de prochaines manifestations.

Avec Fabrice Leroy.