Paimpol. Cible des voleurs, les pots catalytiques contiennent un métal plus cher que l'or!

Dans la nuit du lundi 27 au mardi 28 septembre, deux garages de la cité costarmoricaine ont été victimes d'intrusions et vols de pots catalytiques. Le catalyseur, qui permet de dépolluer les gaz d'échappements, contient du rhodium, un métal précieux et rare, huit fois plus cher que l'or.

Ce mardi 28 septembre, deux garages de Paimpol se sont réveillés sous le choc. Sur des véhicules appartenant à des clients, des dégradations, et surtout le vol de pots catalytiques.

Chez l’un des deux garagistes, ce sont pas moins de quatre véhicules qui ont été endommagés. Pour lui, le coût d'une telle mésaventure est loin d’être négligeable, car il va devoir payer de sa poche les dégradations. "Pour l'assurance, c'est considéré comme un sinistre par voiture, explique Guillaume Pedron, du garage Volswagen à Paimpol. A chaque fois, j’ai 750 ou 800 euros de franchise. En coût de revient, j’en ai pour 650 euros. Donc ça ne vaut pas le coup de faire marcher l’assurance. Donc c’est nous qui payons".

Pour les voleurs, en revanche, le risque encouru peut rapporter gros. Car le pot catalytique, cette pièce essentielle à la dépollution de votre moteur thermique, contient un filtre en céramique sur lequel est enduit des métaux rares comme le palladium, le platine et surtout le rhodium. Des métaux très précieux pour les trafiquants.


400 000 euros le kilo

Tous ces métaux sont présents dans les mêmes mines, principalement situées en Afrique du Sud, mais le rhodium est celui qui est en plus petite quantité. Or, c'est bien connu, ce qui est rare est cher. Il y a donc une surenchère sur le prix du marché. Le rhodium coûte aujourd’hui 400 euros le gramme, donc 400 000 euros le kilo, quand le palladium coûte autant que l’or, soit 50 euros le gramme. Dans les pots catalytiques, il y a entre 0,5 et 1,5 gramme de rhodium. Je vous laisse faire le calcul.

Le trafic peut donc s’avérer juteux. A condition de dérober des pots catalytiques en quantité. "Ce phénomène, qui dure depuis des années à travers toute la France, s’inscrit dans un réseau criminel international, confirme Alban Nogues, commandant de la gendarmerie de Lannion. Ce qu’ils recherchent, c’est la facilité, c’est de pouvoir voler le maximum de pots en un temps le plus court, pour ne pas être repérés".

La gendarmerie de Paimpol insiste sur les règles de précaution.

Pour les garages, on va préconiser de garer les véhicules dans les cours, de mettre une alarme, pourquoi pas de la video-protection. Pour les particuliers, il faut fermer les portails à clé, fermer les véhiculer à clé, il faut retarder l’action du malfaiteur.

Guillaume Gianvarch, correspondant sûreté de la brigade de gendarmerie de Paimpol

Visiblement, le trafic s'opèrerait vers des pays de l'Est comme la Bulgarie.


A Rennes, un réseau de trafic de pots catalytiques jugé depuis lundi

Hasard ou coïncidence ? Un vaste réseau de trafic de pots catalytiques est examiné depuis ce lundi 27 septembre par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), à Rennes. Quinze Lituaniens et un Polonais sont jugés pour avoir participé à des vols ou revendu des pots catalytiques volés dans des casses automobiles du Grand Ouest.

 

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