Salles de spectacle : relancer la machine, le défi des patrons de salles

Presque sept mois de fermeture dus à la crise sanitaire. Le Carré Magique à Lannion accueillera son premier spectacle de la saison le 2 octobre. Comment l’équipe s’est-elle préparée ? Le directeur, Philippe Le Gal, nous explique tout.
La jazz-woman, Anne Paceo, n'a pas pu jouer au Carré Magique lors de la saison dernière à cause du confinement. Sa venue a été reportée au 24 novembre prochain.
La jazz-woman, Anne Paceo, n'a pas pu jouer au Carré Magique lors de la saison dernière à cause du confinement. Sa venue a été reportée au 24 novembre prochain. © Sylvain Gripoix
Comme toutes les salles de spectacle, le Carré Magique à Lannion a baissé le rideau de manière brutale en mars dernier. Le 2 octobre prochain, le chanteur brestois Miossec lance la saison 2020/2021. Comment cette nouvelle saison a-t-elle été préparée ? La crise du Covid a-t-elle fragilisé cette salle de spectacle ? Son directeur, Philippe Le Gal, nous a accordé un entretien.
 

Est-ce compliqué de remettre l’installation technique en route ?


Non, le 12 mars dernier on avait une compagnie qui jouait. Le lendemain, l’interdiction d'accueillir plus de 100 spectateurs est tombée donc on a démonté le décor. Depuis le plateau est vide. Quand on est revenus le 11 mai, les équipes ont fait du rangement et de la maintenance sur le matériel technique.
 

Que se passe-t-il pour les spectacles annulés entre mars et juillet 2020 ?


Quand le couperet de la fermeture est tombé le 13 mars, huit compagnies prévues sur la saison 2019/2020 n’avaient pas encore joué. Onze spectacles en tout ont été annulés. On les a tous reprogrammés entre novembre 2020 et l’automne 2021. On a rémunéré certaines compagnies malgré l’annulation et on les a à nouveau rémunérées pour le spectacle reporté sur cette nouvelle saison. Certains spectacles ont donc été payés deux fois. Mais les compagnies ne pouvaient pas rester sans recettes.
 

Comment avez-vous travaillé sur la programmation de la saison 2020/2021 ?


La programmation pour la saison 2020/2021 était terminée à 95% quand tout s’est arrêté en mars dernier. Avec certaines compagnies, on n’en était qu’à des accords de principe. On a donc abandonné certains projets pour pouvoir recaser les onze spectacles de la saison précédente qui n’ont pas pu être joués. On a fait attention à déprogrammer des structures, qui pouvaient le supporter financièrement. Comme des orchestres symphoniques par exemple qui reçoivent des aides. Au final, la saison qui commence s’annonce très dense, il y a beaucoup de spectacles prévus.
 

Le public est-il au rendez-vous ?


Nous venons de traiter les 400 premiers dossiers d’abonnement. On voit que les gens ont envie de sortir de l’enfermement et de respirer. Les choix se portent beaucoup sur la musique et des choses légères comme des comédies musicales.
 

Quelles sont les conditions d’accueil du public ?


Le masque est obligatoire dès l’entrée et pendant tout le spectacle (NDLR : comme partout en France) et du gel sera à disposition. Les Côtes d’Armor sont en zone verte (faible circulation du virus), donc tous les fauteuils peuvent être loués. Cependant nous n’en avons ouvert que 620 à la location sur les 840 disponibles. Cela nous laisse une marge de manœuvre  si jamais on passait en zone rouge (dans ce cas, les personnes venant ensemble au spectacle peuvent être assises côte à côte mais doivent être séparées des autres spectateurs par un fauteuil libre)
 

Avez-vous des craintes financières ?


Il y a beaucoup de spectacles proposés pour 2020/2021 donc si le public répond présent, on s’en sortira. Sinon… D’autant que si la crise économique est très grave, nos subventions risquent de diminuer. On est plus dans le brouillard pour l'exercice 2021 que 2020.
 
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