Dinan : une marche blanche en l'honneur de Denis, décédé des suites d'une altercation

Le 26 juin 2019, Denis, 16 ans, décédait au CHU de Rennes des suites d'une agression devant son école à Aucaleuc, dans les Côtes d'Armor. Ce samedi, environ 80 personnes participent à une marche blanche, à Dinan, à l'initiative de sa maman. 

Une marche blanche à Dinan en l'honneur de Denis
Une marche blanche à Dinan en l'honneur de Denis © Juliette Vincent-Seignet
"Avec cette marche blanche, je m'adresse aux jeunes, je veux essayer de les faire réagir et leur faire comprendre que c'est important qu'ils parlent".

Gwenaëlle Jouan est la maman de Denis, mort il y a un an au CHU de Rennes à la suite d'une agression par un autre élève, devant son collège, à Aucaleuc. Elle veut profiter du terrible drame qui a touché sa famille pour s'attaquer au harcèlement, aux humiliations, au racket qui sévit, selon elle dans les écoles.
 
Justice pour Denis
Justice pour Denis
 

Cet après-midi, elle organise une marche blanche à Dinan. Le rendez-vous est donné à 14 heures de la place Duclos. L'an dernier, quelques jours après la mort de Denis, près de 200 personnes venues de toutes les communes voisines s'étaient déjà rassemblées à Aucaleuc, pour rendre hommage au jeune homme. 

Tous les jours au cimetière


Aujourd'hui encore, Gwenaelle passe tous les jours au cimetière qui jouxte sa maison pour aller "parler" à son fils. "Il n'a toujours pas de dalle, je n'arrive pas à choisir la couleur. En fait, pour moi, une dalle ce serait comme le perdre complètement". Elle lui fait aussi écouter la musique qu'il aimait. 

Prise de parole


Cet après-midi, Gwenaëlle prendra la parole. Elle lira le texte écrit par son autre fils de 20 ans, qui ne sera pas présent. "C'est trop dur pour lui". Elle parlera de son fils. Elle parlera des faits aussi. Car le drame qui a entraîné la mort de Denis s'est suivi d'un imbroglio judiciaire.
 
Au départ de la marche blanche pour Denis
Au départ de la marche blanche pour Denis © Juliette Vincent-Seignet

Des expertises contradictoires

  
Après une permière expertise, les médecins légistes concluent à une "mort d'une rupture d'anévrisme" qui ne serait pas dû aux coups reçus par Denis. Pour Gwenaëlle, c'est incompréhensible : "mon fils a été frappé à l'arrière, plusieurs fois, et il ne s'est pas relevé. Comment peut-on conclure que ce ne sont pas les coups qui l'ont tué?".

Me de Veulle, l'avocat de Gwenaëlle, demande alors une contre-expertise. Celle-ci va conclure à une rupture d'anévrisme entraînée par les coups reçus par Denis. Aujourd'hui, une troisième expertise est en cours, à la demande de la famille de l'agresseur présumé.
 

Je veux un procès aux assises



"On n'aura sûrement pas les résultats avant octobre, regrette Gwenaëlle. Moi je veux des résultats, je veux un procès, aux assises, pour "homicide"
Pour l'instant, l'information judiciaire se poursuit. Le chef d'inculpation contre l'agresseur présumé est "violences ayant entraîné une ITT de plus de 8 jours". Me De Veulle d'ores-et-déjà demandé une requalification des faits en "Homicide". 
Le juge d'instruction attend le résultat de la 3e expertise. 

Une plainte pour menace de mort refusée


En juin 2019, deux semaines avant l'agression mortelle de Denis, Gwenaëlle Jouan avait voulu déposer plainte auprès de la gendarmerie pour des menaces de mort sur son fils. Il faut dire qu'un conflit l'opposait à son agresseur depuis quelques mois pour des histoire banale d'ados, sur fond de petite copine et de jalousie.
 
© V. Chopin - France 3 Bretagne


"La plainte n'a pas été acceptée, se lamente Me De Veulle. C'est la preuve qu'on a une justice à deux vitesses. Si Denis avait été un fils de notable, on en serait pas là". 

L'auteur présumé des faits, âgé de 17 ans, est libre et reste inscrit au centre de formation d'Aucaleuc.
Là où Denis était également élève. 



 
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