Mobilisation des restaurateurs à Dinan. "On est dans une grande détresse psychologique"

Les professionnels de la restauration du pays de Dinan se sont mobilisés, ce lundi. Inquiets, dans la détresse, mais aussi en colère de ne pouvoir rouvrir leurs établissements. Tout un symbole : ils ont déposé les clefs de leurs cafés, restaurants et hôtels chez le député de leur circonscription.

L'un après l'autre, les restaurateurs et hôteliers du pays de Dinan jettent la clef de leur établissement dans une boîte posée devant la permanence du député de la circonscription, Hervé Berville. "Ne nous abandonnez pas" disent-ils à travers ce geste symbolique.


"Derrière nos entreprises, explique Pascal Bouillon, restaurateur à Corseul, il y a nos vies, notre passion. Nos restaurants sont fermés, alors que nous avons tous mis en place des mesures sanitaires qui nous ont coûté de l'argent. Qu'on nous laisse travailler !".

 

 

"Manque de considération"


En ce lundi pluvieux, ils sont une quarantaine à se rassembler. Parmi eux, Clément Morvan et Salomé Concert. Le couple a ouvert une crêperie voilà un an. "On a pu travailler quatre mois et c'est tout. C'est compliqué pour un démarrage et une reconversion professionnelle, explique Salomé. On a mis toutes nos économies dans ce projet".

Clément parle du "manque de considération". "On a aujourd'hui des chiffres qui sont contradictioires entre l'ouverture des restaurants et la progression de la pandémie. Aucune mesure intermédiaire n'est possible aujourd'hui, comme par exemple ouvrir les terrasses en respectant les gestes barrières. C'est un non catégorique, peu importe l'évolution du virus"

Frédéric Maksyska est patron d'une brasserie. Il ne s'est pas versé de salaire depuis huit mois. "Je vis sur mes fonds propres" confie-t-il. Et il sait qu'il ne va plus pouvoir tenir très longtemps. "Trois mois max. Après, c'est fini"

Dans son établissement, le silence. Les tables sans clients. Une machine à café qui ronronne dans le vide. Les onze salariés sont au chômage partiel. Certains cherchent des petits boulots pour survivre et pouvoir continuer à payer leur loyer.


Il y a une détresse psychologique qui n'est pas prise en compte


"On est une profession hyper active et, du jour au lendemain, on se retrouve sans rien faire, constate Frédéric Maksyska. On est là à attendre, attendre et toujours attendre". Il ne comprend pas non plus "le manque d'équité" qui jalonne la gestion de cette crise sanitaire.

"Dans un établissement comme le mien, de 80 m2, il y a du gel hydroalcoolique, des plexi, tout a été mis en place pour faire barrière au virus. Vous allez dans certaines grandes enseignes, vous n'y trouvez même plus de gel parfois et, à eux, on ne dit rien. Il y a de quoi être en colère !".

Lui et ses collègues de la restauration veulent de la visibilité. "On ne sait pas quand on va pouvoir rouvrir ni dans quelles conditions. On nous dit tout et son contraire. Notre profession est en détresse. Il faut que les pouvoirs publics nous écoutent et nous apportent des réponses".

 

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