Crise à l'hôpital de Saint-Brieuc : la direction annule sa réforme et promet une médiation

Trois jours de contestation et plus de 200 arrêts maladie déposés. Le conflit social au Centre hospitalier Yves Le Foll a pris une ampleur inédite. Les services d'urgences et de réanimation tournants au ralenti. La direction a fini par céder face à la contestation en annulant la réforme du temps de travail qui a mis le feu aux poudres.

"Une ligne rouge en termes de sécurité et de qualité des soins a été franchie." Dans un communiqué de presse et un courrier adressé aux personnels soignants, la direction du Centre hospitalier Yves Le Foll de Saint-Brieuc, hisse le drapeau blanc.

Après trois jours de contestation, la direction reconnaît "la crise importante" que traverse l'hôpital "sous la forme d’arrêts maladie massifs et coordonnés dans plusieurs services de l’établissement". Une situation "ayant conduit à devoir réorganiser l’offre de soins mais aussi à refuser des prises en charge urgentes ou transférer des patients de réanimation vers d’autres établissements."

La décision a été prise d'annuler les mesures envisagées

Dans un communiqué du jeudi 16 mai, elle dénonce fortement la situation et fait un pas vers les soignants : "Face à la mise en danger des patients, la décision a été prise de suspendre les mesures envisagées, dont la révision du référentiel du temps de travail." Cette dernière avait mis le feu aux poudres et provoqué cette épidémie d'arrêts maladie.

Finalement, après négociation avec les syndicats, la direction cède et annnonce, dans un mail interne adressé ce vendredi matin aux salariés d'Yves Le Foll, l'annulation pure et simple de la mesure : "Nous confirmons le retrait de la mesure consistant à décompter le temps de repas du temps de travail effectif. Concrètement, le référentiel de gestion du temps de travail ne sera pas présenté lors du Comité Social d’Etablissement du 21 mai."

Appel à "retrouver le sens de la mission et de l'engagement"

Ce vendredi 17 mai, les services d'urgence et de réanimation étaient toujours "régulés". Une situation qui impacte les autres hôpitaux du département. Notamment les urgences de Guingamp qui ont eu un surplus d'activité.

La situation devrait revenir à la normale dans la journée du vendredi 17 mai. Les urgences réouvrent de manière non régulées à partir de 15h. Certains services seront toujours impactés dans les deux prochains jours. Le Centre hospitalier devrait reprendre une activité normale en début de semaine prochaine.

"Aussi, chacune des personnes en arrêt maladie dans le cadre de ce mouvement est appelée solennellement à retrouver le sens de sa mission et de son engagement auprès des patients en reprenant sans délai son poste de travail", concluait le communiqué de presse.

Intervention d'un tiers pour régler le conflit

Dans sa lettre aux salariés, la direction constate que "le retrait des mesures notamment celle relative au temps de travail entraîne de facto une remise en question du plan « Ensemble, investissons l’avenir » tel que nous l’avions bâti et sur la base duquel l’Agence Régionale de Santé nous a accordé un accompagnement financier important. En d’autres termes, c’est l’ensemble du plan qui doit être retravaillé".

"Nous vous informons avoir sollicité auprès de l’Agence Régionale de Santé l’intervention d’un tiers extérieur à l’établissement,"précisent encore les signataires du courrier : Ariane Bénard, la Directrice, le Dr Cynthia Garignon, la Présidente de la CME, et Elisabeth Guillemain, la Coordonnatrice Générale des Soins.

Une manière qui permettra de trouver des solutions de sortie à cette crise et pour tenter de garantir l’avenir de l’établissement.

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