"On est épuisés", pourquoi comme la centaine de ses collègues, ce soignant est en arrêt maladie

Les arrêts de travail aux urgences de l'hôpital de Saint-Brieuc continuent de se multiplier, mettant à mal leur fonctionnement. Des négociations tendues sur le temps de travail sont en cours entre la direction et le personnel. Les soignants dénoncent des conditions de travail dégradées. Ils se disent à bout.

"Il y a un mal-être profond à l’hôpital." Ce soignant souhaite rester anonyme. Mardi 14 mai, avec une centaine de ses collègues du service des urgences du centre hospitalier de Saint-Brieuc, il a déposé un arrêt de travail, provoquant ainsi la "régulation" ou bien la "fermeture" (selon la sémantique de la direction ou des syndicats) des urgences.

"Il n’y a plus de vocation"

"On est épuisés, explique-t-il. Ça devient de plus en plus compliqué de travailler depuis plusieurs mois. Il y a un turnover de malade avec de graves problèmes de recrutement. En 2023, il y a cinq médecins urgentistes qui sont partis. Il n’y a plus de vocation chez les soignants."

Dans une lettre ouverte adressée à la direction de l’hôpital, les personnels en arrêt ont tenté d’alerter la direction sur leur situation : "Nous ne sommes pas des machines. Travailler dans ces conditions devient chaque jour un défi physique et moral. Les politiques actuelles ne font qu’aggraver la situation en réduisant les lits et les financements."

"Il y a des conséquences pour les patients"

Au cœur du conflit : les discussions avec la direction sur le temps de travail. "On est dans un monologue avec la direction", reproche le soignant. Il regrette de devoir en arriver là. "On sait qu'il y a des conséquences pour les patients."

Avec ses collègues, ils dénoncent la volonté de l’hôpital d’aligner les conditions de travail à la baisse des centres hospitaliers de Saint-Brieuc, Guingamp et Lannion. Notamment en supprimant 30 minutes de pause déjeuner.