Attirer sur notre inattention en faisant la morte, une performance artistique voulue par Pauline Balthazar Cabioc'h

Faire la morte dans l'espace public. Pauline Balthazar Cabioc'h attire l'attention sur notre indifférence. / © C. Bazille - France Télévisions
Faire la morte dans l'espace public. Pauline Balthazar Cabioc'h attire l'attention sur notre indifférence. / © C. Bazille - France Télévisions

Vous pourriez la croiser au hasard d'une rue, à terre, comme morte. L'artiste briochine Pauline Balthazar Cabioc'h s'amuse à se faire photographier ainsi, un peu n'importe où. Une façon d'interroger notre inattention, nos absences. 

Par E.C


Sur un toboggan, sur des plages, sur un escalier, l'artiste briochine Pauline Balthazar Cabioc'h prend la pose et se photographie, toujours de manière inerte. Elle fait la morte, et laisse son corps se désarticuler. La blague entre copains est devenu un projet artistique, celui de la Belle au Bois dormant.

"Cela dit des choses intéressantes, profondes mais de manière drôle", souligne le photographe qui l'accompagne un dimanche. Avec lui, Pauline choisit le décor, la valeur de plan. "Soit c'est un endroit que je trouve joli, soit un lieu bizarre. Si je fais cette pose, soit ça va prendre du sens ou alors devenir absurde."

Tu meurs. Tu fais dodo.

Alors qu'elle a l'air endormi, Pauline veut bien attirer notre attention. "Il va falloir se réveiller. Parler d'attention avec l'état du monde, d'amour et de magie, ça devient nécessaire", explique-t-elle. "La Belle au bois dormant, c'est venu tout seul. Comme elle avec le prince charmant, qu'est-ce qui nous réveille ?"
 
Dans un parc à jeux pour enfant, l'artiste Pauline Balthazar Cabioc'h, inerte / © C. Bazille - France Télévisions
Dans un parc à jeux pour enfant, l'artiste Pauline Balthazar Cabioc'h, inerte / © C. Bazille - France Télévisions
 

Chacun sa façon de faire le mort 


"Quand j'ai commencé à faire ça, j'ai découvert que je n'étais pas la seule. J'ai trouvé ça drôle. Je trouve ça marrant de se dire qu'on serait une sorte de réseau souterrain, de gens qui posent morts dans les rues. Chacun traite cette idée là à sa manière." Pauline a en effet des acolytes, comme Sandro Giordano.
 
Les réactions sont généralement positives relève l'artiste. Les passants lui viennent parfois en aide. 

La jeune femme devrait proposer une exposition, avec une trentaine de photographies. Le lieu et la date restent pour l'instant mystérieux. 

 

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