"Qui-Vive", la première application pour lutter contre le harcèlement de rue

Déposer plainte dans le cas de harcèlement de rue renvoie souvent victime et agresseur dos-à-dos, faute de preuve tangible. Un entrepreneur des Côtes-d'Armor a donc imaginé et conçu Qui-Vive, la première application française qui permet de prouver ces agressions verbales. 

Jean-Philippe Tible, le créateur de Qui-Vive, une application qui permet aux victimes et témoins de prouver le harcèlement de rue
Jean-Philippe Tible, le créateur de Qui-Vive, une application qui permet aux victimes et témoins de prouver le harcèlement de rue © Catherine Bazille/France Télévisions

Injures, menaces, insultes sexistes, racistes, homophobes... le harcèlement a malheureusement toujours pignon sur rue en 2021. L'escalade des mots peut même parfois aller jusqu'à l'agression physique.

"Dans 95 % des cas, les victimes ne portent pas plainte car elles se retrouvent dans une situation de parole contre parole, sans preuve légale" note Jean-Philippe Tible. Cet entrepreneur breton, basé à Ploufragan, dans les Côtes-d'Armor, a donc imaginé Qui-Vive.app, une application qui lutte contre le harcèlement de rue. Et le prouve.


L'appliaction qui enregistre le passé


Lancée ce 1er février, après avoir été présentée au CES de Las Vegas, le salon international de l'électronique, cette application enregistre ce qui se passe autour de son utilisateur, via une mémoire tampon.

"Du fait de la nature fortuite de ce genre d'incident, l'enregistrement se fait a posteriori. Si rien ne se produit, les données sont automatiquement effacées, prévient son créateur. Dans le cas contraire, il suffit d'appuyer sur "sauvegarder" et la victime dispose ainsi d'une preuve tangible de son agression".
Autrement dit : Qui-Vive restitue le passé. 

Jean-Philippe Tible, expert en produits de sécurité, a mis au point ce système innovant avec l'aide d'un cabinet d'avocats spécialisé dans le droit digital. "Notre application est bienveillante et a été conçue comme telle. Aucune donnée confidentielle n'est stockée".
 


Depuis la loi Schiapa de 2018, l'outrage sexiste est reconnue comme une infraction. "Qui-Vive est un outil technique qui va aider les victimes à produire un témoignage dans le cas d'incivilités verbales, que celles-ci aient lieu dans la rue, dans un contexte privé ou même professionnel" souligne Jean-Philippe Tible. Et d'ajouter : "cela permet de lutter contre l'impunité de leurs auteurs. Notre application vise à rendre l'espace public plus serein pour que chacun s'y sente mieux".
 

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