Une année mitigée pour la coquille Saint-Jacques : "une grosse ressource mais ça ne se vend pas"

6.834 tonnes de coquilles ont été récoltées dans la baie de Saint-Brieuc sur cette campagne 2023-2024. Si les Saint-Jacques sont de qualité, les consommateurs étaient absents. L'inflation est passée par là.

"Il y a de la coquille en abondance et de la très belle marchandise mais le marché n’a pas suivi cette année." Voilà en une phrase comment Nicolas Boitte, patron pêcheur du "Fury Breizh", résume cette campagne de pêche à la coquille Saint-Jacques 2023-2024. "On a eu beaucoup d’invendus" dit-il. De quoi confirmer les inquiétudes au moment de l'ouverture de la pêche en octobre dernier.

6.834 tonnes de coquilles ont été récoltées cette année dans la baie de Saint-Brieuc. Un chiffre en baisse par rapport aux 8.200 tonnes de la campagne précédente mais qui pourra augmenter un peu car des campagnes de rattrapages se tiendront dans les prochaines semaines. "On ne dépassera pas les  8.000 tonnes" affirme-t-on néanmoins à la criée.

Baisse des quotas de pêche

"Le consommateur n’est pas présent sur les achats." Vanessa Lhotellier est directrice commerciale des Viviers de Saint-Marc, une entreprise mixte de mareyage, poissonnerie, restauration. "On a une grosse ressource mais ça ne se vend pas" constate-t-elle. 

Cette année, le comité des pêches a baissé les quotas pour maintenir les prix et éviter de trop gros stocks d'invendus. "Cela a fonctionné. Sur le frais, la vente entière est prisée, la noix moins car la ménagère s’y retrouve à moindre coût."

L'inflation est passée par là. Les clients se serrent la ceinture et la coquille en fait les frais. "Dans la tête des gens, la coquille reste un produit de luxe et de fête, regrette Nicolas Boitte. Pourtant, on peut en manger toute l’année à un prix pas si cher."

Côté restauration, la situation est particulièrement compliquée. "On a une récession flagrante sur l’axe surgelé dans la restauration, explique Vanessa Lhotellier. C'était déjà le cas fin 2022, début 2023. Les restaurateurs enlèvent les coquilles de leur carte." Conséquence directe : les stocks de noix de Saint-Jacques surgelées sont significatifs et les opérateurs ont du mal à les écouler.