Sport et handicap. Le costarmoricain Mathieu Goujon relève le défi avec le parasurf

Amputé sous le genou gauche à la suite d’un accident de moto, Mathieu Goujon, habitant de Perros-Guirec, n’a jamais renoncé aux défis sportifs. Le Breton d’adoption vise aujourd’hui les mondiaux de parasurf. Surtout, il prouve que sport et handicap ne sont pas incompatibles.

Mathieu a perdu le bas de sa jambe à la suite d’un accident de moto au Mexique, en 2010. Au bout de six ans et 60 opérations, c’est l’amputation. Mais ce Francilien, Breton d’adoption, garde le cap. Hyper actif, il continue le sport et devient parasurfeur.

"Quand je vais surfer, j'enlève ma prothèse facilement grâce à un système de vis, afin qu'elle ne rouille pas dans l'eau. Je mets une ancienne prothèse que je protège avec de la mousse et du scotch" explique-t-il.

Dans l'eau, on ne ressent pas le poids du corps comme à terre avec la prothèse. On n'a plus de douleurs comme le mal de dos. Je me sens normal quand je surfe.

Mathieu Goujon

L’an dernier, Mathieu pousse la porte du Seven Islands Surfclub, et commence à faire bouger les choses à la ligue de Bretagne. Tout le monde semble admiratif devant sa résilience.

Mathieu vit normalement, c'est génial. Il va faire des compétitions, même avec les valides. C’est une belle preuve d'intégration.

Thierry Deniel

Ligue de Bretagne de surf

 

Le sportif vise les mondiaux de parasurf, à la fin de l’année. Mais devant son ordinateur, il s’attelle à un autre challenge : créer une association, "Re-entry". Il veut collecter du matériel et donner de l’espoir aux handicapés avec une idée : aller à la rencontre des accidentés dans les centres de rééducation pour parler du sport et du handicap, expliquer son rôle dans le bien-être et la reconstruction.

Pas d'employeur ? Il crée sa propre entreprise 

Pour cette vie sans temps mort, le parasurfeur doit aussi gagner de l’argent. Poliment rejeté par le monde du travail salarié, il a créé lui-même sa petite entreprise : un chantier naval.

Dans mon atelier, rien n'est adapté pour le handicap, c'est la preuve que je peux avoir un boulot normal, sans infrastructures spéciales. Pourtant, beaucoup d'employeurs nous rejettent par crainte d'avoir des contraintes lourdes d'adaptation de postes

Mathieu Goujon

Le jeune homme fait plus que revivre. Heureux comme un poisson dans l’eau, il sait que le parasurf fera son entrée aux jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Un bel horizon !