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Cours de breton pour adultes : « On n’avance pas assez vite, mais on avance »

Le centre de formation Roudour à Carhaix fait partie de 15 sites qui proposent des formations longues de breton pour adultes en Bretagne. / © Carole Collinet-Appéré / France Télévisions
Le centre de formation Roudour à Carhaix fait partie de 15 sites qui proposent des formations longues de breton pour adultes en Bretagne. / © Carole Collinet-Appéré / France Télévisions

Les formations de breton font leur rentrée. Les adultes sont de plus en plus nombreux à vouloir apprendre la langue régionale. Ils étaient près de 3200 à suivre des cours l’an dernier. Mais selon les associations de défense du breton, il faudrait former 5000 locuteurs par an.

Par Bleuenn Le Borgne


Pour la vingtième année consécutive, l’Office public de la langue bretonne, dont la principale mission est de développer l’emploi du breton sur le territoire, lance une campagne de promotion et d’affichage en septembre pour les formations pour adultes. Elle a été présentée ce mardi matin à Brest, lors d’une conférence de presse. L’offre est large et les formules variées. Si les inscriptions en cours du soir stagnent, les formations de 6 ou 9 mois attirent de plus en plus de monde.
 
De gauche à droite : Fulup Jakez, directeur de l'Office public de la langue bretonne, Lena Louarn, élue au Conseil Régional de Bretagne; Fulup Kere, directeur de DAO et Glen Dissaux, directeur de Sked. Ils ont lancé la nouvelle campagne de promotion pour les formations de breton pour adultes. / © Bleuenn Le Borgne / France Télévisions
De gauche à droite : Fulup Jakez, directeur de l'Office public de la langue bretonne, Lena Louarn, élue au Conseil Régional de Bretagne; Fulup Kere, directeur de DAO et Glen Dissaux, directeur de Sked. Ils ont lancé la nouvelle campagne de promotion pour les formations de breton pour adultes. / © Bleuenn Le Borgne / France Télévisions

En 2018, près de 3200 adultes ont suivi des formations de breton, toutes formules confondues (cours du soir, formations longues, stages...). Parmi eux, plus de 300 suivaient une formation intensive sur plusieurs mois. "Nous voyons arriver de plus en plus de personnes qui ne parlent pas breton mais qui ont des enfants inscrits dans des filières bilingues, et qui décident de s’inscrire en cours de breton" relate Fulup Jakez, directeur de l’Office public de la langue bretonne. C’est pourquoi la campagne 2019 est axée sur l’apprentissage du breton en famille.
"Maman apprend le breton" : la nouvelle campagne de promotion des cours de breton pour adultes cible surtout les mères et pères de famille, dont les enfants sont inscrits dans les filières bilingues. / © Office public de la langue bretonne
"Maman apprend le breton" : la nouvelle campagne de promotion des cours de breton pour adultes cible surtout les mères et pères de famille, dont les enfants sont inscrits dans les filières bilingues. / © Office public de la langue bretonne


Des cours du tout le territoire

"Aujourd'hui, il est possible d’apprendre le breton dans plus de 160 communes. Ça progresse d’année en année. Cela dépend des zones, mais on a quand même de grandes chances de trouver des cours de breton près de chez soi", explique Fulup Jakez de l'Office public de la langue bretonne. Parmi ces sites d’apprentissage, la Bretagne compte 15 lieux de formations intensives, qui affichent souvent complet à la rentrée.
 
"On avance", notent Fulup Jakez et Lena Louarn, vice-présidente, chargée des langues au conseil régional de Bretagne. "Pas assez vite, mais on avance". "Ce n’est jamais suffisant puisque l’objectif est de travailler pour construire une société bilingue demain et qu'on en est loin", détaille le directeur de l'Office public de la langue bretonne. Selon lui, à l'heure actuelle, les brittophones sont divisés en deux catégories : "soit des personnes âgées de plus de 60 ans, à la retraite, soit des jeunes de moins de 20 ans, inscrits dans les écoles bilingues. Entre les deux, il y a très peu de locuteurs".


La pression des associations

Face à cet état des lieux inquiétant, Rouedad ar Brezhoneg - Le réseau du breton, collectif qui fédère une cinquantaine d’associations de défense de la langue bretonne, a alerté le conseil régional en août dernier. Le réseau propose un plan d’action avec 80 propositions pour faire appliquer les orientations affichées par le Conseil régional en matière de politique linguistique fin 2018, au moment de la publication des résultats d'une enquête sur le nombre de locuteurs en Bretagne - voir le reportage ci-dessous.
 

Pour les associations de défense de la langue, le renforcement et le financement de l'enseignement du breton à tout âge sont une priorité. Elles attendent avec impatience la ratification de la nouvelle convention spécifique pour la transmission des langues de Bretagne, prévue en 2020 – la dernière convention datant de 2015. Elles espèrent que les objectifs et les moyens mis à disposition y seront plus ambitieux. "On ne peut pas se permettre de rater cette étape", explique Fulup Kere, directeur de la structure DAO "Deskiñ d’an oadourien" - "Enseigner aux adultes". "S’il n’y a pas une vraie avancée, on va arriver à une situation plus que critique".

Il faut que l’on passe à la vitesse supérieure, c’est évident.

Lena Louarn, élue au Conseil Régional, abonde dans le même sens. Selon elle, l’avenir de la formation des nouveaux brittophones passe aussi par l’ouverture de nouveaux lieux d’apprentissage et la professionnalisation des enseignants. Cette année, l’Université de Rennes propose pour la première fois une option Breton au sein d’une licence professionnelle Formateur Conseil Indépendant ou Salarié, dont le diplôme permet d’encadrer des formations pour adultes. Quatre brittophones y sont inscrits cette année. Les élus en charge la politique linguistique et les associations espèrent qu’ils seront plus nombreux d’année en année… Comme le nombre de bretonnants.
 

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