• FAITS DIVERS
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • CULTURE
  • SPORT

Échouage des algues vertes en Bretagne : 2017, l'année la plus précoce de la décennie

Algues vertes à Hillion / © MAXPPP
Algues vertes à Hillion / © MAXPPP

Un comité de pilotage dédiée aux algues vertes se réunissait ce mercredi 5 juillet au Conseil régional de Bretagne, l'occasion de faire le point sur la situation et sur le plan de lutte à venir. Premier constat et en termes d'échouages des algues, 2017 est la plus précoce de la dernière décennie.

Par Emilie Colin

L’année 2017 est la plus précoce de la dernière décennie : les quantités ramassées en avril et mai sont 40 % plus élevées qu’en 2009, année jusqu’à présent la plus précoce. C'est le constat du comité de pilotage dédié au plan de lutte contre les algues vertes, lequel s'est réunit ce 5 juillet au Conseil régional de Bretagne. 

Selon les baies, l'évolution de ces échouages reste très contrastée. Les sites habituellement tardifs ont vu leurs surfaces progresser lentement en juin (Guissény, Fresnaye, Horn-Guillec) tandis que les sites très chargés en mai voient reculer les surfaces couvertes en ce début juillet (Lieue de Grève, Baie de la Forêt, Baie de Douarnenez).

"La cause de ce phénomène n'est pas à rechercher dans les concentrations en nitrates, en diminution régulière dans les baies algues vertes, mais dans la conjonction exceptionnelle de plusieurs facteurs climatiques : des stocks d'algues automnaux très importants, une température de l’eau plutôt douce depuis le début de l'année, un hiver très peu dispersif (une seule tempête, de faible intensité, au lieu de trois ou quatre en moyenne) ainsi qu'une luminosité exceptionnelle en fin de l’hiver et au début du printemps"

Le second plan de lutte doté de 55,5 M€ sur 5 ans, va permettre d’aller plus loin et "de poursuivre l'effort" avec huit nouveau projets de territoire dans les baies les plus touchées. Les nouveaux objectifs porteront sur la qualité de l'eau ; en fonction des spécificités locales (caractéristiques géographique et hydrographique, types de cultures et d’élevage…). L’enjeu est de maîtriser la prolifération à l’horizon 2027, échéance de bon état des masses d’eau littorales, inscrite dans le SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) du Bassin Loire-Bretagne.

Des actions plus ambitieuses réclamées par les associations


L'association "Eaux et rivières" assistait à ce comité de pilotage. Dans un communiqué elle "déplore d'abord que les objectifs affichés de réduction des nitrates à l'horizon 2027 soient notoirement insuffisants. En effet, ceux-ci ne prévoient pas de descendre partout en dessous des 20 mg/l, voire d'approcher les 10 mg/litre préconisés sur certaines baies par les études scientifiques fondées, ce qui permettrait de diminuer d'au moins de moitié les quantités d'algues vertes."

Elle ajoute : "pour assurer l'efficacité de l'argent public mobilisé et tenir compte des enseignements du premier plan, le caractère innovant et ambitieux des plans d'action devra être renforcé : transformation en profondeur des systèmes de production par, en particulier, le développement des systèmes agricoles à bas niveau d'intrants (systèmes herbagers, productions bio, porcs sur paille, etc ), la réduction des épandages d'azote, la préservation et la restauration des zones humides."

Pour "Eaux et rivières" cette transition ne se fera pas sans la mobilisation de l'ensemble des filières agro-alimentaires, et des collectivités. 




A lire aussi

Sur le même sujet

Interview François Floret

Les + Lus