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L'affaire du sous-marin rouge : les eaux troubles de l’extrémisme français d'avant guerre

Julian Troncoso à la sortie de son procès à Brest. Il a dirigé le commando qui voulait s'emparer du sous-marin C2. / © Collection CEGES – Bruxelles 45632
Julian Troncoso à la sortie de son procès à Brest. Il a dirigé le commando qui voulait s'emparer du sous-marin C2. / © Collection CEGES – Bruxelles 45632

Avec "l'Affaire du sous-marin rouge" le réalisateur Hubert Béasse nous plonge dans la France du Front Populaire, une période plus sombre et violente, loin de l'image qu'on en garde aujourd'hui. C'est pourtant à cette époque que se dessine la montée des extrêmes. 

Par Emilie Colin

En 1937, le sous-marin C2, bâtiment de la marine espagnole fuit son pays alors en pleine guerre civile. A son bord, des officiers Franquistes, et des marins Républicains. L'équipage arrive à Brest. C'est là qu'un commando franquiste tente de s'approprier le sous-marin. Tentative avortée qui se solde par la mort d'un Franquiste. Cet événement marque le point de départ du film "l'Affaire du sous-marin rouge" réalisé par Hubert Béasse. Un film d'enquête au récit rythmé, avec l'intervention de plusieurs historiens, dont Olivier Dard ou encore Gilles Morin.

Les Franquistes essaient de récupérer le sous-marin C2
Extrait du documentaire l'Affaire du sous-marin rouge

Une visite aux archives nationales décisive

"J'avais lu le bouquin de Patrick Gourlay 'Nuit franquiste sur Brest' il y a quelques années. J'avais trouvé l'histoire intéressante mais je trouvais qu'il n'y avait pas assez de matière pour faire un film" raconte Hubert Béasse. Un point de vue qui évolue après une visite aux archives nationales à Paris.

Là, surprise. Il se rend compte que l'incident sur le C2 a été considéré comme une affaire politique de première importance, traité comme un secret d'Etat. "Les dossiers "chauds" étaient à l'époque conservés dans un coffre-fort au Ministère de l'Intérieur, appelé le Panthéon" rappelle le réalisateur. Aux archives, il trouve tous les documents relatifs à l'enquête : les photos, les rapports de police.

Une situation complexe

A travers l'histoire du C2, c'est l'histoire d'une période sombre de la France qui se dessine, sous le Front Populaire. Marx Dormoy, ministre de l'Intérieur, s'interroge très vite : est-ce un acte isolé de la guerre en Espagne sur notre territoire ? Est-ce le résultat du travail d'un réseau organisé, avec la volonté de déstabiliser le gouvernement français ? Plusieurs attentats ont déjà eu lieu sous son mandat, sans que les enquêtes n'aboutissent. "Ce qui me plaisait, c'était d'aller au fond du secret d'Etat" souligne Hubert Béasse. "J'aime aussi découvrir des personnages, les faire redécouvrir. Comme Marx Dormoy qui va pousser, insister pour mettre au jour la vérité, avec des conséquences tragiques puisqu'il sera assassiné en 1942..." L'enquête sur le C2 confirme ses craintes sur un réseau extrêmiste en France, nourri par d'autres venus d'Italie, d'Espagne et d'Allemagne. "En m'appuyant sur l'affaire du sous-marin rouge, j'avais dans l'idée de montrer un Front Populaire un peu moins glamour. C'était une période violente, extrêmement sombre" ajoute Hubert Béasse en rappelant qu'à ce moment-là, le parti populaire (parti fasciste) de Jacques Doriot rassemble les foules. 

"L'affaire du sous-marin rouge" sera diffusé le lundi 2 octobre  2017 sur France 3 Pays de la Loire. 



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