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“Fin de moi(s)”, survivre face au surendettement

Dans les locaux de l'association CRESUS à Brest, les entretiens se succèdent pour venir à des personnes surendettées.
Dans les locaux de l'association CRESUS à Brest, les entretiens se succèdent pour venir à des personnes surendettées.

En France, en 2017, 181 123 dossiers de surendettement ont été déposés auprès de la Banque de frnce. Le phénomène touche toutes les catégories sociales. Sylvain Bouttet a suivi le travail des bénévoles de l'association Crésus en Bretagne, lesquels tentent de venir en aide à des personnes acculées.  

Par Emilie Colin


181 123 dossiers de surendettement ont été déposés auprès de la commission de surendettement de la Banque de France au cours de l'année 2017, soit un dossier toutes les deux minutes. Le phénomène touche désormais toutes les catégories sociales. 


Des budgets fragilisés, un imprévu et tout va très vite


L’augmentation du coût de l’énergie, des transports, des contributions diverses, la stagnation du pouvoir d’achat, ont considérablement fragilisé le budget des particuliers.

Lors d’un récent sondage, un tiers des français déclarait avoir des revenus insuffisants pour boucler leurs fins de mois. Le moindre grain de sable suffit alors à basculer dans la spirale infernale qui conduira au surendettement. 75 % des dossiers sont liés à des "accidents de la vie": problèmes de santé, divorce, perte d’emploi. 


À Brest, le travail des bénévoles de l'association Crésus


Ils sont une soixantaine de bénévoles sur la région Bretagne à venir en aide aux personnes surendettées. Dans son film, Syvlain Bouttet montre leur travail, les entretiens qui se succèdent dans leurs locaux. Pour Joël Loury, président de Crésus Bretagne, il faut savoir manier l'empathie mais "aussi dire la vérité". L'équipe ficelle les dossiers, reste dans le factuel, pour être plus efficace. Sylvain Bouttet laisse aussi à entendre les messages de désespoir laissés sur le répondeur.

À travers les témoignages, on ressent la peur, la frustration, la culpabilité. Pour certains, la situation ne fait que durer, s'enlise. Les instances concernées, banque, et organismes de crédit imposent leur rythme. 
 
Extrait du documentaire "Fin de moi(s) sur le surendettement
Entretien dans les locaux de l'association Cresus, une dame explique ses difficultés financières, liées aux frais bancaires.


"Je voulais un regard frontal sur ces situations"


Sylvain Bouttet a d'abord rencontré Joël qu'il a trouvé à la fois "charismatique et humble". Lors des entretiens chez Crésus, le réalisateur présente son projet, les témoins acceptent une fois sur deux d'être filmés. "J'ai rencontré des gens qui gagnaient très bien leur vie et puis suite à des conneries, une perte d'emploi, des problèmes familiaux, tout s'enchaîne. Il y a aussi la question du train de vie, au dessus de ses moyens, que l'on observe très souvent." 

"Je voulais les filmer crûment, mais avec empathie. Quand on les regarde, on s'identifie, on se sent mal à l'aise"
. La responsabilité des banques et des organismes de prêt est pour lui indéniable "4 milliards d'euros de bénéfice seraient réalisés par les banques, rien que sur les intérêts des découverts" tempête t-il et d'ajouter "On ne vous tend jamais la main, si on vous la tend, c'est pour vous prendre." 

Fin de moi(s), un film réalisé par Sylvain Bouttet
Une co-production France Télévisions - Carrément à l'ouest
Diffusion le lundi 11 février 2019, après le Soir 3

 

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