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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Thomas Coville : « Jouer ou naviguer pour devenir un mec meilleur»

En mer, même en solitaire, je ne suis jamais seul / © Littoral
En mer, même en solitaire, je ne suis jamais seul / © Littoral

Une équipe Littoral a rencontré le skipper de Sodebo, au moment où son maxi-trimaran préparait sa première grande sortie publique… avant d'embarquer pour la prochaine route du Rhum. Le navigateur Thomas Coville s'est laissé aller à nous parler mer, théâtre et sport sans score. En exclusivité

Par Aline Mortamet

Installé à Locmariaquer dans le Golfe du Morbihan, Thomas Coville est un navigateur qui a déjà effectué 4 Routes du Rhum, 7 tours du monde, et 9 passages du cap Horn. Quand il n’est pas en mer, il partage son temps entre les entraînements de vélo, les concerts de jazz du Piano Barge de Vannes, et quelques ascensions dans les Alpes. Revoir l'émission Quatre garçons dans le vent
Il pratique la voile au plus haut niveau depuis son adolescence. Du mini 6.50 aux plus grands trimarans de records, il s'apprête à bientôt repartir pour la prochaine Route du Rhum en novembre 2014. Sur ce sprint mythique entre Saint-Malo et Pointe-A-Pitre, cette fameuse "reine des transatlantiques en solitaire", il s’engagera à la barre de son multicoque géant Sodebo Ultim', l’ancien trimaran Geronimo d’Olivier de Kersauson, modernisé, et corrigé pour être mené en solitaire. Entretien inédit avec Thomas Coville.

La quête de l’excellence

C’est sûr que chercher l’excellence, c’est une démarche, une vraie philosophie de vie : essayer de retrouver ce petit moment sublime qu’on a connu une fois, et qu’on a envie de reproduire. Dans l’excellence, quand on est dans cette finesse avec soi même, on a du mal à trouver des interlocuteurs avec qui on pourrait se comprendre, échanger pour progresser, mais aussi se sentir moins seul.
Avec Jacques Gamblin, j’ai trouvé quelqu’un qui a mis des mots sur les sensations que j’avais, des déceptions, des joies, des peines. C’est quelqu’un qui vous parle de ce que vous avez au plus profond du cœur. Il a tout compris, c’est hyper troublant, c’est du relationnel qui est rare. Et on ne  trouve ça que chez les gens qui vont chercher cette excellence.
Quand je regarde les improvisations de son spectacle (1h 23' 14'' et 7 centièmes, une création avec le danseur Bastien Lefèvre, et le théâtre Anne de Bretagne de Vannes), je vis le truc. Il y a des trucs qui me font rire, et des choses qui résonnent, qui me disent c’est moi là. Et ce qui m’a surpris, c’est que j’ai réalisé que moi en mer, même en solitaire, je ne suis jamais seul. Partir en solo, c’est quelque chose que j’ai choisi, alors que la solitude, vous ne l’avez pas choisie.

Le sport, un moyen pour s’élever

Je me suis toujours intéressé à cette problématique de l’athlète qui ne fait pas du sport pour faire du sport. J’utilise le sport comme un moyen pour m’élever, pas comme une fin en soi. C’est à l’adolescence que j’ai trouvé ce fil rouge, et je me suis dit, je vais me servir de ça, comme Alex Tassel se sert de sa trompette, ou Jacques Gamblin de son théâtre. Moi quand je vois Jacques jouer, il joue aussi pour devenir un mec meilleur. C'est-à-dire qu’à un moment donné, on passe le stade ultime, et c’est ça la vie finalement.
On a chacun trouvé notre fil rouge par rapport à ça. Et j’ai envie de dire que c’est important qu’on montre le sport surtout comme ça, pas une fin en soi, alors qu’aujourd’hui, on s’arrête à cette lecture soit du résultat, soit du tableau de scores, soit des chiffres et de ce que ça rapporte. Mais ce qui est vraiment intéressant, c’est la dimension humaine.

La sortie du Sodebo

C'est le moment où l'idée devient volume, et c'est une émotion collective énorme. C'est beaucoup d'heures de travail, de concentration, d'imagination… Là de le voir voler au-dessous d'une grue, c'est l'ardoise magique. On fait ça pour ces moments là, d'un seul coup, les doutes s’éloignent, et je suis super enthousiaste. J'ai l'impression que c'est mon premier bateau, j'ai l'impression d'avoir 20 ans.
On recherche toujours la première fois et là je voudrais retrouver la sensation en navigant avec. C'est l'étape ultime d’après. Naviguer et être tout seul, ce sera un peu plus égoïste mais pour le moment, c'est vraiment un moment collectif et j'aime ça.

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