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Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le mardi à 9 h 20
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Le 21 février, la mine sous la mer

Diélette était une mine de fer qui avait élu domicile à 150 mètres sous le niveau de la Manche, à l’emplacement actuel de l’EPR de Flamanville.Exploitée pendant un siècle, cette mine était unique en son genre.La mer était un danger pour les mineurs, mais les salaires étaient attrayants. 

Par Sophie Bourhis

La mine sous la mer.
A l’emplacement exact de la centrale nucléaire et du chantier de l’EPR de Flamanville à la pointe du Cotentin, se dressaient il y a 50 ans les puits et les bâtiments de la mine de fer de Dielette. Exploitée pendant un siècle, cette mine était unique en son genre dans le monde car ses 15 kilomètres de galeries s’enfonçaient sous les eaux froides de la Manche jusqu’à 150 mètres de profondeur sur une superficie de 345 hectares. A la veille de sa fermeture au début des années 60, elle employait plus de 200 personnes. Les infiltrations d'eau de mer étaient le plus grand ennemi de la mine.Toute la sécurité reposait sur la station de pompage qui tournait 24 heures sur 24...
La mine sous la mer, des conditions de travail extrêmes. (Littoral du 21 février)
Chaque jour près de 600 tonnes de minerai étaient extraites puis chargées à bord de bateaux principalement en partance pour la Grande-Bretagne et les pays scandinaves.Face au chantier de l’EPR, on aperçoit encore les vestiges du "wharf", la plateforme de chargement jadis reliée à la mine par un téléphérique..
La mine sous la mer. La plateforme de chargement jadis reliée à la mine par un téléphérique

Durant un siècle, le village de Flamanville a vécu au rythme de sa mine si particulière, accueillant des ouvriers venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne, de Tchécoslovaquie. Les familles des mineurs étaient logées gratuitement à l’écart du bourg dans les corons de la Cité Sainte-Barbe. Politiquement, la cité constituait un "îlot rouge" qui contrastait avec la campagne normande plutôt conservatrice. Composée pour l’essentiel de mineurs, l’équipe de football de Flamanville était réputée pour sa ténacité et sa rudesse dans toute la Normandie.
En dépit de sa teneur en fer exceptionnelle, l’extraction du minerai cessa en 1962. Le site de Diélette n’était plus rentable face aux exploitations à ciel ouvert d’Afrique. Trop coûteux, le combat incessant contre la mer devenait impossible à poursuivre. A la veille de sa fermeture, la mine employait plus de 200 personnes. On pourrait croire que, 50 ans après sa fermeture, le souvenir de la mine est définitivement effacé. Il reste pourtant encore profondément ancré dans la mémoire de Flamanville et de ses habitants. 
Un film de Pierre-François Lebrun.

Interview d'Emmanuel Ethis, recteur de l'académie de Rennes