Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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Voir et revoir, plongeur-démineur, une spécialité méconnue au sein de la Marine Nationale

© Marine Nationale
© Marine Nationale

75 ans après la fin de la seconde guerre mondiale, plus de 600 000 explosifs seraient encore à déminer dans les fonds marins et sur les plages de la façade atlantique, de la Manche, et de la mer du Nord.Il faudra plus d'un siècle aux plongeurs démineurs pour désamorcer tous ces explosifs.  
 

Par Sophie Bourhis

Le Groupe de plongeurs démineurs (GPD) a été créé en 1955. Il fait partie de la Force d’Action Navale de la Marine Nationale. Ce sont "les" spécialistes  de la plongée et du déminage sous-marin.  Leur métier consiste à rechercher, identifier et neutraliser les engins explosifs détectés en mer et dans les ports. Un plongeur démineur est aussi un spécialiste des travaux sous-marins. Il peut participer à des opérations de déminage à l'étranger et à des actions de service public.Ils sont répartis sur les trois façades maritimes métropolitaines : Toulon, Brest et Cherbourg.

localiser, identifier et neutraliser

Les plongeurs démineurs ont pour mission première de localiser, identifier et neutraliser tous les engins explosifs, modernes ou historiques, découverts sur l'estran et jusqu'à 80 mètres de profondeur. Le groupe de plongeurs-démineurs de la Manche est basé à Cherbourg. Il intervient entre la baie du Mont-Saint Michel et la frontière franco-belge, soit 870 km de côtes ainsi qu’en mer. Cette unité de 43 marins dont 30 plongeurs est à pied d’oeuvre quotidiennement pour détruire ou neutraliser des engins remontés dans les filets des pêcheurs ou retrouvés au hasard d’une promenade sur le littoral.
Une mission risquée mais grâce à leur "bibliothèque",  une collection de travail unique d’explosifs remontant jusqu’à la première guerre mondiale, ces hommes ont une vraie connaissance de l'engin en arrivant sur les lieux.
Le nombre d’engins neutralisés est fluctuant selon les années et dépend de nombreux facteurs, dont météorologiques. Avec une découverte d'explosifs historiques tous les deux jours, l’activité principale du GPD Manche reste la destruction des vestiges des deux derniers conflits mondiaux, retrouvés en mer ou sur les plages.

Métier à risque

C'est un travail d'équipe, de passion et de confiance.Les plongeurs, qui peuvent s’immerger jusqu’à 80 mètres, font alors preuve d’une « extrême concentration » et d’une « gestion du risque ». Ce qui les effraie le plus aujourd’hui, ce sont les explosifs dont ils ne maîtrisent pas l’histoire, comme les engins artisanaux plus récents utilisés dans les actes terroristes.

C'est dans leur zone de travail que se trouve la principale zone de champs de mines allemandes de la Seconde Guerre Mondiale. En moyenne, l’unité détruit chaque année plus de 20 tonnes de munitions historiques. Pour l’année 2018, un total de 922 engins historiques a été détruit (637 engins en 2017 soit une hausse de 45% du nombre d’engins détruits sur la façade maritime de la Manche-mer du Nord...et ce travail est loin d'être terminé !
Sous la mer, les bombes

Marine Barnérias a pu assister à une mission dans la rade de Cherbourg. Un obus de 75mm a été localisé, ce sont donc les plongeurs démineurs qui entrent en action pour le détruire. La munition est toujours active. L’opération est risquée.
Littoral sous la mer, les bombes
Une des missions du GPD, groupement des plongeurs démineurs c'est de détruire les bombes immergées encore actives - Littoral / France 3 Bretagne

Aujourd'hui, la guerre de 39-45 semble bien loin, pourtant, obus, mines et explosifs n’ont pas tous définitivement disparu de nos côtes. Seule certitude,  toutes les  mines dérivantes ont été neutralisées. En 1950, l'histoire dramatique de la frégate météo Le Laplace a marqué durablement les habitants de Saint-Cast-le Guido et des villages proches de la baie de la Fresnaye. Dans la nuit du 15 au 16 septembre, le Laplace a sauté sur une mine magnétique. Le bateau se trouvait alors au mouillage à une centaine de mètres de la côte. Quatre-vingt-dix hommes, civils et militaires se trouvaient à bord. Cinquante-et-un vont perdre la vie dans le naufrage, emportés dans les entrailles du bateau qui a coulé en dix minutes, englués dans le mazout, morts de froid dans l’eau glacée.
Le naufrage du Laplace
Près de 70 ans après le naufrage de la frégate météo Le Laplace, les survivants se comptent sur les doigts d’une main. Bernard Gindre était radio sur la frégate. Il n’a rien oublié de cette nuit de cauchemar. Honoré Lebon –décédé depuis le tournage- était manœuvrier - Littoral / France 3 Bretagne

Si vous souhaitez voir ou revoir l'émission dans son intégralité : 
Sous la mer, les bombes