Littoral - Le magazine des gens de mer

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Quoi faire avec le confinement ? Voir et revoir Littoral et découvrez Tara aux sources du plastique

Durant 6 mois, le navire d'expédition Tara a navigué dans toute l'Europe pour prélever du plastique dans les fleuves / © F.Latreille Fondation Tara Ocean
Durant 6 mois, le navire d'expédition Tara a navigué dans toute l'Europe pour prélever du plastique dans les fleuves / © F.Latreille Fondation Tara Ocean

Tara a délaissé les eaux salées pour s’aventurer sur les grands fleuves européens. L’enjeu : prélever des  microplastiques pour mesurer leur impact sur la biodiversité marine. Littoral revient sur cette expédition avec l'équipage et quelques personnages "clés" de l'aventure Tara. 

Par Adelaide Castier

Le navire d’exploration Tara a navigué sur tous les océans et mers du globe : l’Antarctique, un hiver enserré dans les glaces de l’Arctique, une campagne de plusieurs années dans le Pacifique...Au total, Tara a avalé 375 000 milles nautiques, l’équivalent de 7 tours du monde.

En 2019, la goélette a délaissé en partie les eaux salées pour s’aventurer durant six mois sur neuf grands fleuves européens. L’enjeu : remonter à la source des déchets pour mesurer leur impact sur la biodiversité marine et le vivant.

Dans l’eau, il y a la pollution plastique que l’on voit, et celle que l’on ne voit pas. Ce sont les microplastiques.
Selon les premiers résultats des échantillons ramenés par Tara, 100 % des prélèvements d’eau effectués dans les 9 fleuves contenaient des microplastiques.  Parmi ces prélèvements, et sans surprise, on retrouve des microbilles présentes dans certains cosmétiques, dans les dentifrices…  Mais également une forte proportion, visible à l’oeil nu, de fragments appelés « micro-plastiques secondaires » issus de la fragmentation des plastiques due notamment aux rayons du soleil. 

Désormais tous ces échantillons sont étudiés par des biologistes marins du monde entier comme c’est le cas à Lorient, au centre de recherche de  l'université de Bretagne sud.  

 
les microplastiques prélevés sur Tara étudiés par des biologistes marins

Le navire Tara, "Antarctica" à l'origine,  a été conçu par l'explorateur Jean-Louis Étienne . Il rêvait de se lancer sur les traces du norvégien Fridtjof Nansen, premier explorateur à avoir accompli la dérive transpolaire. Faute de moyens, il revendra son bateau au célèbre navigateur Peter Blake. Mais en 2001, le marin est assassiné sur le fleuve Amazone. Etienne Bourgois, directeur général d'Agnès B devient le nouveau propriétaire et s'engage à en faire un navire destiné à développer les "sciences de l'Océan". 

Depuis, onze expéditions ont été menées avec plus de 60 000 échantillons collectés. Les travaux de recherche menés à bord de la goelette Tara ont fait l'objet de nombreuses publications dans des revues scientifiques internationalement reconnues comme Science 
Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara défend l'idée de l'importance de la transmission auprès des jeunes générations. C'est ce qui permettra de mobiliser les décideurs politiques au plus haut niveau pour répondre aux urgences climatiques.
 
Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Expéditions

Après son escale technique à Lorient et la visite parisienne , Tara devrait repartir en expédition à l'automne 2020. 

Pour compléter cette émission consacré à la quête du plastique dans notre environnement, Littoral vous propose également de découvir l'étonnante initiative d'un chantier de recyclage de coques de bateaux en plastique. A Trentemoult près de Nantes, les épaves ou bateaux usagés deviennent des logements de vacances rigolos et astucieux. 

Et si vous souhaitez voir l'émission dans sa globalité
Tara aux sources du plastique
Découvrir l'histoire, les aventures et les missions de ce bateau mythique Tara, un bateau pas comme les autres.