Littoral - Le magazine des gens de mer

Le dimanche à 12 h 55, rediffusé nationalement le vendredi à 8 h 10
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Voir et revoir, le vent souffle à nouveau sur le transport maritime

Mathurin Peschet et Nedjma Berder ont embarqué à bord du Nordlys pour un voyage au rythme du vent / © Mathurin Peschet
Mathurin Peschet et Nedjma Berder ont embarqué à bord du Nordlys pour un voyage au rythme du vent / © Mathurin Peschet

80 à 90 % des marchandises transportés dans le monde aujourd'hui le sont par voie maritime. Aujourd'hui 50 000 navires sillonnent les mers : des portes-conteneurs, des vraquiers,  des pétroliers  mais aussi quelques ketch en bois…
 

Par Sophie Bourhis

Depuis les années 70,  le volume global du transport maritime n’a fait qu’augmenter. La généralisation du conteneur, inventé aux États-Unis à la fin des années 50  a entraîné une baisse du coût du fret maritime et du coup une hausse de ces échanges. Aujourd'hui 50 000 navires sillonnent les mers : des vraquiers, des pétroliers mais aussi des portes-conteneurs dont la taille ne cesse d’augmenter. Parallèlement à ce développement,  il y a depuis quelques années une vraie prise de conscience des nuisances écologiques et une volonté de les réduire. C’est pour cela, qu’une nouvelle réglementation de l’Organisation maritime internationale va entrer en vigueur en 2020 pour réduire significativement les émissions d’oxydes de soufre des navires.

Il existe aussi une alternative durable et respectueuse de l'environnement. Depuis quelques années,  des vieux gréements sillonnent les mers et se remettent à transporter des marchandises « à la voile ». C’est à la pointe du Finistère, à Douarnenez que la société TOWT, Transoceanic Wind Transport,  fondée par Guillaume Le Grand et Diana Mesa, a vu le jour. C’est l'une des rares entreprises françaises à proposer un transport de marchandises par voie maritime avec presque zéro émission de gaz à effet de serre. Le trajet est accompli sans pétrole et donc sans pollution. Aujourd’hui, Towt transporte 200 tonnes de marchandises par an. Elles sont acheminées vers le Portugal, l’Angleterre et la Scandinavie grâce à une flotte de quatre gréements. 

Douarnenez, c'est aussi un port d'escale. Des bateaux naviguent au cabotage, transportant de la marchandise le long des côtes européennes. C’est le cas du Nordlys, un ketch en bois, datant de 1873, bateau sans moteur  affrété par une compagnie hollandaise FAIR TRANSPORT qui embarque dans ses cales 30 tonnes de vin.

A bord, un équipage de 8 marins hirsutes, majoritairement d’origines nordiques, ils convoient leur précieuse marchandise en Manche, puis en mer du Nord pour atteindre leur destination finale : le Danemark.

Le réalisateur Mathurin Peschet et le chef opérateur Nedjma Berder ont embarqué durant la 1ere partie du voyage, jusqu'à Ostende en Belgique.
7 jours à vivre une expérience vraie, quelque chose d’authentique à la vitesse du vent dans un monde qui va si vite….
 
Littoral, les convoyeurs du vent (extrait)
Nordlys, entre Douarnenez et Ostende, les cales sont pleines et la vie à bord est rythmée par le vent - France 3 Bretagne / .Mille et Une. Films

Bien entendu, pour l’instant, cette activité est un grain de riz, une goutte d’eau dans l’océan des marchandises transportées mondialement.  Mais le concept ne passe pas inaperçu

Il y a un vrai mouvement autour de ce que l’on fait, je le vois quand je fais mes approvisionnements sans tous les ports, il y a un réseau, des paysans, des gens qui nous connaissent et qui croient en ce que l’on fait 

                         Jeroen Windels, cuisinier à bord du Nordlys


7 jours à naviguer à petite vitesse au milieu de l’un des endroits les plus fréquentés au monde…où s’entrecroisent super tankers et portes containers géants.
 
Littoral, Les convoyeurs du vent (extrait)
Passage difficile dans ce détroit du Pas de Calais pour le Nordlys, le bateau est ancien mais les outils de navigations sont modernes - France 3 Bretagne / .Mille et Une. Films

On est des marins, eux et nous. On navigue sur la même mer avec les mêmes règles de sécurité. On vit dans le même univers, sauf que nous, on veut changer le monde 

                                         Lammert Osinga, Capitaine du Nordlys
Lammert Osinga est le capitaine du Nordlys, "un bateau formidable" / © Mathurin Peschet
Lammert Osinga est le capitaine du Nordlys, "un bateau formidable" / © Mathurin Peschet

TOWT a l’ambition de développer sa flotte et de construire les Eco-voiliers de demain. 
Plusieurs autres projets de voiliers conçus spécifiquement pour le transport de marchandise sont sur les rails.

D’autres structures réfléchissent au retour du "cabotage". C’est le cas de l’association Avel-Marine. Son président Pierre-Yves Glorennec, souhaiterait remplacer le transport routier par le transport maritime sur des petites distances de port en port. Pour ce projet « Littoral bas carbone », les bateaux seraient hybrides, utilisant du gasoil, et le plus souvent possible le vent et la houle, car des bateaux naviguant uniquement au vent ne pourraient pas garantir la régularité des échanges.

Les convoyeurs du vent, un film de Mathurin Peschet, coproduction .Mille et Une. Film, c'est le samedi 23 novembre à 11h30 en Normandie et dans les Pays de la Loire  et le dimanche 24 novembre à 12h55 en Bretagne

Si vous souhaitez voir ou revoir l'émission :
Les convoyeurs du vent
7 jours à bord du Nordlys, un ketch en bois qui transporte à la voile de la marchandise entre la pointe du Finistère et le Danemark - Mathurin Peschet

Pour en savoir plus, Nedjma Berder avait déjà embarqué à bord du Nordlys entre Le Havre et Rostock, en mer Baltique c'est à découvrir dans le magnifique numéro 300 du Chasse-Marée (un numéro double)
© Chasse-Marée
© Chasse-Marée