Une équipe d'E-sport aux couleurs de la Bretagne lors des prochaines compétitions nationales et Internationales

L’équipe d' e-Sport, CRaZY Esport, basée à Séné (56) sera désormais parrainée par la Région Bretagne. Les joueurs du team seront accompagnés comme des sportifs de haut niveau et bénéficieront de subventions pour les compétions internationales.

Vincent Homan, alias "Super Akouma", classé parmi les meilleurs joueurs professionnels sur la scène mondiale du jeu de combat Tekken.
Vincent Homan, alias "Super Akouma", classé parmi les meilleurs joueurs professionnels sur la scène mondiale du jeu de combat Tekken. © @CRaZY ESPORT

Avec 1,3 Millions de pratiquants en compétition dans l'hexagone (selon les chiffres du baromètre France Esport 2020), l'esport prend de plus en plus d'ampleur et ce bien au-delà de nos frontières.

L'esport, pour "électronic sport" ou sport électronique désigne la pratique sur internet ou en réseau local d'un jeu vidéo seul ou en équipe via un ordinateur ou une console de jeu. Et aujourd'hui les "gamers" sont aussi nombreux que les licenciés au tennis.

Un chiffre qui explique pourquoi la Région Bretagne s'est penchée sur cette pratique et a décidé de soutenir financièrement ce sport et plus particulièrement une équipe aux couleurs de la Région, la Crazy Esport 

 

 

C’est en 2008 que l’aventure a commencé, à Séné dans le Morbihan,  nous confie Edern Plantier le manager de l'équipe :"Au début nous étions de simple pseudo. On jouait les uns contre les autres en ligne et parfois en salle, on ne se connaissait pas, à part par nos pseudos de joueurs, puis avec le temps des amitiés sont nées et nous avons décidé, à plusieurs joueurs, de créer une équipe la CRAZY Esport".

Les joueurs gardent leur pseudo mais jouent désormais sous la même bannière. "En 2014 on a décidé de créer l'association du même nom pour pouvoir être pris au sérieux et démarcher des partenaires privés pour pouvoir envoyer certains de nos  joueurs à l'étranger. Aujourd'hui il y a 7 joueurs dans l'équipe plus le staff.

Certains de ces joueurs, comme Super Akouma, font partie des meilleurs mondiaux dans leurs jeux de prédilections, qui sont pour cette association essentiellement des jeux de combats.

Pourquoi jouez-vous dans des salles en France ou à l'étranger alors que vous pouvez jouer en ligne?

En ligne selon la connexion, plus ou moins rapide, certains joueurs sont plus avantagés que d’autres. En salle par contre tout le monde est à égalité au niveau de la vitesse d’exécution des coups dans les jeux, car les consoles sont reliées entre elles sans dépendre de connexions internet.C'est pourquoi les compétitions ont lieu en salle. Elles peuvent rassembler une centaine de joueurs à plus d'un millier comme à Las Vegas.

Peut-on gagner sa vie grâce aux tournois en salle ? 

Non en France c'est très difficile, très peu de joueurs en vivent. Il s'agit d'une « e »passion. Au niveau des tournois vous pouvez gagner de 200 à plusieurs millions d'euros, pour les jeux les plus distribués, comme Fortnite, mais c'est aux USA ou au Japon. Ce sont des joueurs professionnels ou semi pro. En France on a du retard. Pourtant on a de bons joueurs comme Super Hakouma qualifié trois fois pour les phases mondiales sur le jeu Tekken qui rassemble les 20 meilleurs joueurs de la planète.

 

 

Quel est le quotidien d'un joueur de haut niveau?

C'est Alsan Banyounes alias Gehaktbal (5ème mondial sur le jeu Dead or a Live), qui accepte de nous parler de son quotidien entre deux partiels à la fac. "Aujourd'hui tous les joueurs de l'association travaillent ou sont étudiants comme moi". Il est actuellement en Master et se destine à enseigner la langue Française aux étrangers. "En période de partiels je ne joue pratiquement pas, mais lorsque que j'ai un tournoi je joue 2 heures par jour pour m'entraîner. Autrement je joue régulièrement, 3 à 4 fois par semaine, des sessions de 2 heures. Mais avec la crise sanitaire il y a beaucoup moins de tournois et financièrement je ne peux pas me déplacer sur tous les tournois internationaux. En France aucun joueur ne peut encore en vivre".

Alsan Banyounes le rennais alias Gehaktbal victoire en finale de Ranking
Alsan Banyounes le rennais alias Gehaktbal victoire en finale de Ranking © @Gehaktbal

 

Représenter la Région : une très bonne nouvelle.

En effet cette subvention va leur permettre de représenter la région et leur donner beaucoup plus de visibilité : "on va pouvoir démarcher les sponsors avec une identité plus forte, c'est bien aussi pour nos partenaires historiques de disposer d'un maillot à l'image de la Bretagne. Mais ce qui  intéresse particulièrement les joueurs c'est qu'ils vont bénéficier d'un stage de haut niveau au CREPS de Dinard pris en charge par la région. Pendant ce stage ils bénéficieront d'un coach en diététique, un coach sportif et un coach mental".  

"C'est vraiment super ce stage, on va pouvoir étudier l'aspect mental du sport, la gestion du stress, cela va nous apporter une dimension professionnelle, même si on ne gagne pas forcément d'argent cela va permettre de développer le Esport. On va beaucoup apprendre sur la santé et l'hygiène de vie nécessaire au haut niveau, l'importance du sommeil sur la performance, des aspects intéressants qui peuvent  avoir un impact sur notre manière de jouer. Comment réguler nos heures de jeux, de repos et concilier notre activité professionnelle, c'est une chance".


 

 

Les 10 000 euros de subvention de la région?

C'est ce qui va permettre à l'association d'envoyer des joueurs à l'étranger sur les tournois de renoms, acquérir ainsi une certaine notoriété et pourquoi pas recruter des joueurs pour les saisons prochaines. Le nouveau maillot à l'effigie de la Bretagne, en raison de la crise sanitaire, sera présenté un peu plus tard, mais il est dans les cartons.

L'ancien maillot...en attendant la présentation du nouveau maillot à l'effigie de la région Bretagne
L'ancien maillot...en attendant la présentation du nouveau maillot à l'effigie de la région Bretagne © @CRaZY Esport

Vous l'avez compris le Esport en France est loin de l'image que s'en font encore certains. Loin de l'image du joueur ou de la joueuse installé confortablement dans son canapé qui passe une grande partie de son temps à jouer. Dans d'autres pays, notamment aux USA et au Japon les joueurs de haut vol sont désormais considérés comme des sportif de haut niveau. La France a certainement un retard que la Région Bretagne essaie de combler. Aujourd'hui 37 millions de Français disent jouer de temps en temps aux jeux en ligne ou sur des consoles.

 

 

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