Eurovision, Sterenn Diridollou fière de montrer que le breton est bien vivant

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Alvan et Ahez ont remporté ce 5 mars la finale française de l’Eurovision. Le 14 mai à Turin, la chanson qui représentera la France sera chantée en breton. "C’est pour la langue qu’on a fait ça, pour montrer qu’elle est belle et vivante", explique la jeune chanteuse.

"On ne réalise pas, on ne réalise pas du tout. On ne s’attendait vraiment pas à gagner". Sterenn n’est pas tout à fait sûre d’être réveillée. "J’ai la voix qui tremble encore", murmure-t-elle. "On est tellement contents d’avoir fait ça !

"Ça", c’est une victoire pour les qualifications de l’Eurovision. Alvan et Ahez ont réussi a mettre d'accord le public et les jurés… tous les deux les ont placés en tête avec 222 points, un record !

Cette nuit, en rentrant après la soirée, elles ont regardé leur prestation. "Avec les costumes et avec le son, ça change vraiment tout", s’émerveille la jeune femme.

"On avait répété la veille, on avait commencé un peu stressés et puis, ça s’était bien passé…  et hier, nous étions juste contents, très contents d’être sur scène." 

Emploi du temps bouleversé

"C’est génial, j’ai envie de remercier tout le monde, mais je n’ai toujours pas de mots" sourit Sterenn au téléphone. Elle commence à comprendre que les prochains jours vont être compliqués… une complication comme on en souhaite à tout le monde ! 

"Maintenant, tout est chamboulé, on pensait aller au travail lundi… c’est raté ! On a des rendez-vous pour des interviews, des répétitions et un shooting photo ! "

On a fait ça pour le breton, pas pour la gloire 

Sterenn a fait toute sa scolarité dans les écoles Diwan, à Guingamp, Plésidy puis Carhaix. "Notre envie et notre but au départ, c’était de donner de la visibilité au breton. Pour montrer aux gens qu’il n’y a pas que les vieux qui parlent breton, ce n’est pas une langue morte, elle est belle et vivante."

Le texte de leur chanson, "Fulenn", qui désigne à la fois une étincelle et une jolie fille, est inspiré de la légende de "Katell-gollet". "C’est l’histoire d’une jeune fille qui veut danser. Son oncle l’enferme pour l’en empêcher. Elle réussit à s’échapper et trouve un partenaire pour danser, mais c’est le diable ! Notre refrain répète plusieurs fois,  Elle danse avec le diable et alors ? " 

"C’est une chanson féministe qui dit que les femmes ont le droit de faire ce qu’elles veulent et la langue bretonne sert aussi à dire ce genre de choses. Elle n’est pas là que pour parler de crêpes, de sabots et de marinières. Il faut sortir des clichés" insiste Sterenn Diridollou. 

Le 14 mai, à Turin, Alvan et Ahez chanteront devant toute l’Europe pour défendre la France et la culture bretonne.

En quittant la scène, hier soir, elle a lancé "Bevet Breizh", "Vive la Bretagne " .