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Fichage ethnique au PSG: c'est “une maladresse” répond Marc Westerloppe

Une bannière dans les tribunes du PSG. / © Christophe ARCHAMBAULT / AFP
Une bannière dans les tribunes du PSG. / © Christophe ARCHAMBAULT / AFP

Marc Westerloppe, ancien recruteur au PSG, et désormais au Stade Rennais, est accusé de "fichage ethnique". "Une maladresse", selon lui, qui fait tâche dans son parcours.

Par Stéphane Grammont, avec AFP

Marc Westerloppe était jusque là un homme de l'ombre. L'ancien joueur professionnel passé à Abbeville et Créteil, natif d'Arras, est passé ce jeudi en pleine lumière après des accusations de "fichage ethnique" révélées par les football Leaks.

 Le PSG a en effet désigné ce Nordiste de 58 ans comme le responsable de la mise en place d'un formulaire avec des contenus illégaux, en l'occurrence des critères ethniques, de 2013 à 2018, au sein de la cellule de recrutement du centre de formation hors Ile-de-France. 

"Une maladresse, une erreur", a simplement dit l'intéressé au journal Le Parisien.

Échec dans le recrutement

"Quand on découvre que des collaborateurs ont pu cautionner, réfléchir, industrialiser cette vision tordue liée à l'origine des joueurs, on a un sentiment d'échec dans le recrutement, dans le contrôle", a taclé le directeur général délégué du PSG Jean-Claude Blanc, interrogé vendredi soir par l'AFP sur cet ancien responsable du recrutement de la formation parisienne, arrivé à Paris en 2013 et parti au Stade rennais en début d'année 2018.
 


Les révélations de Mediapart et "Envoyé Spécial" évoquent aussi une réunion tenue en mars 2014, lors de laquelle se pose la question de recruter un jeune joueur d'origine africaine, Yann Gboho. Un compte-rendu de cette réunion retranscrit ainsi les propos de Westerloppe: "il y a un problème sur l'orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d'Antillais et d'Africains sur Paris".

Dans un communiqué diffusé par son avocat, Marc Westerloppe assure n'avoir "jamais commis quelque acte de discrimination que ce soit", et affirme "initier dès à présent toutes les actions judiciaires qui s'imposent", pour "lever ces suspicions infondées" et être "rétabli dans son honneur".

Un professionnel respecté

"Ce sont des accusations graves et ça me touche beaucoup parce que je m'imagine à sa place et je n'ai jamais senti ça, ça me fait mal", compatit Thierry Froger. "Je n'ai pas à discuter (des faits reprochés, NDLR) mais, en tant qu'homme, sur ce que j'ai connu, c'est incroyable. Je suis un peu bouche bée."

"C'est des conneries, ce qu'on reproche à Marc Westerloppe. Je le connais particulièrement bien, c'est impossible qu'il ait été sensible à ce genre de choses", tranche auprès de l'AFP Jean-Michel Vandamme, ancien directeur du centre de formation du Losc. "Le procès qu'on est en train de lui faire est injuste", estimait aussi auprès de L'Equipe la mère de Kylian Mbappé, Fayza. "C'est un homme de grande qualité. Il n'est pas raciste", dit-elle de celui "sans qui Kylian ne serait pas au PSG".


Succès Drogba, Mbappé


Car Westerloppe a à son actif de sacrées réussites, depuis l'émergence de Didier Drogba au plus haut niveau jusqu'à l'arrivée de Mbappé à Paris. "C'est quelqu'un de très respecté dans le milieu professionnel. D'ailleurs, il a une longue carrière, ce n'est pas un hasard", observe aussi Alain Pascalou, recruteur pour l'AJ Auxerre et adjoint de Westerloppe au centre de formation du Mans. "A aucun moment, je ne l'ai entendu dire d'un joueur 'ah bah lui il va nous poser problème parce que ceci-cela', ce n'est pas vrai", dit Pascalou.

Sollicité par l'AFP, un bon connaisseur du centre de formation du PSG assure lui aussi n'avoir jamais eu d'échos de soupçons de racisme. Lors de la période en question, en revanche, le club a "voulu instaurer au niveau de la politique sportive un jeu qui correspondait plus à de petits gabarits, techniques. Est-ce qu'il y a du racisme dans ce sens-là, je pense que c'est plus une politique sportive liée au jeu", estime ce spécialiste. "Ils voulaient s'inspirer de ce qui se faisait en Espagne, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne voulaient pas de +blacks+."

Le PSG a lancé une enquête interne sur le dossier et a promis qu'il en partagerait "dès la semaines prochaine les résultats avec les instances et autorités de tutelle, afin de faire toute la lumière sur le sujet". Le club de Rennes, dont Marc Westerloppe est salarié, n'a pas fait de commentaires autres que ceux de son président, ancien directeur sportif du PSG Olivier Létang, "profondément choqué et blessé" des accusations de fichage ethnique.
 

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